Le Collège Saint-Joseph du Hull
Le Collège Saint-Joseph du Hull

Le Collège Saint-Joseph de Hull a 150 ans

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
Dans l’ombre de la pandémie de COVID-19 et des préparatifs pour la fête de l’Halloween, le Collège Saint-Joseph de Hull a célébré son 150e anniversaire un peu plus tôt la semaine dernière.

C’est en effet en 1870 que la Mère Élisabeth Bruyère a décidé d’ouvrir une première école au 174 rue Notre-Dame-de-l’Île. D’année en année, diverses écoles se sont succédé sur ces lieux, mais ce n’est qu’une centaine d’années plus tard, en 1970, que l’établissement d’enseignement deviendra un secondaire privé pour filles, accrédité par le ministère de l’Éducation du Québec. Un point tournant dans l’histoire du Collège, selon la Sœur Alice Labrie.

« C’est extraordinaire de constater qu’à travers ces 50 dernières années, nous sommes passés d’un accès à des études supérieures pour les femmes, mais qu’en plus, ces dernières réussissent professionnellement, travaillent dans la société et s’épanouissent », lance-t-elle.

La Soeur Alice Labrie

Sœur Alice Labrie est retraitée de l’enseignement depuis 1999. Ayant commencée au début des années 1960, elle a été en service continu au Collège Saint-Joseph de Hull pendant 35 ans, où elle a notamment enseigné l’Histoire du Québec et du Canada. Aujourd’hui, Sœur Alice Labrie travaille aux archives de la communauté et s’implique au sein du conseil d’administration du Collège.

« Le terrain où on est situés actuellement a été acheté en 1870, mais à cette époque, c’était une école primaire, raconte-t-elle. En 1876, on a construit un nouvel édifice sur l’emplacement actuel, au coin des rues Laurier et Notre-Dame, mais c’était encore une école primaire. »

Il faut noter qu’en 1873, trois ans plus tôt, un début incendie avait détruit une partie du bâtiment construit en 1870.

« Les années sont passées, puis en 1909, poursuit-elle, on a fondé l’École normale Saint-Joseph. »

L'évolution de l'édifice du Collège Saint-Joseph de Hull

L’École normale avait pour but de former des institutrices qualifiées et était aussi doublée d’une école primaire.

En 1931, l’édifice a été agrandi « pour répondre aux besoins » et près d’une vingtaine d’années plus tard, le 18 mai 1950, un autre incendie s’est attaqué à celui-ci. Quatre religieuses y ont malheureusement perdu la vie.

Le feu avait pris naissance au rez-de-chaussée de l'école et a entièrement détruit la partie du couvent, construite en 1890. L'aile construite en 1931, bien que construite à l'épreuve du feu, a été endommagée par la fumée. Seuls les murs extérieurs de l'École normale de 1909 ont été épargnés.

Puis, en 1968, l’École normale a fermé ses portes.

« Cette année-là, ils ont fermé l’école puisque la formation des enseignantes se donnait maintenant à l’université, explique la Sœur Alice Labrie. On a donc transformé cette école-là en école secondaire et on a eu notre permis d’exploitation en 1970. »

« J’éprouve beaucoup de fierté parce qu’antérieurement, les femmes n’avaient pas accès aux études supérieures, ajoute-t-elle. Grâce à ces transformations-là, qui se sont déroulées plus spécifiquement depuis 1970, on a eu des élèves qui ont bien travaillé, bien étudié et qui se sont préparées à des carrières extraordinaires. »

L'incendie de 1950 au Collège Saint-Joseph de Hull

Célébrer différemment

Pandémie oblige, le comité organisationnel du Collège a dû revoir sa façon de souligner le 150e de l’établissement d’enseignement.

« On voulait organiser des rassemblements avec des anciennes élèves, ou encore des retrouvailles avec des anciens professeurs, mentionne la Sœur Alice Labrie. On avait prévu un certain nombre de célébrations, mais là, on va se contenter de les faire de façon virtuelle. »

Note parfaite

Par ailleurs, en plus des célébrations des 150 années d’existence de l’établissement, le Collège Saint-Joseph de Hull s’est vu décerner une note parfaite au sein du Palmarès des meilleures écoles privées du Québec de l’Institut Fraser, se positionnant en première place à égalité avec le Collège Charlemagne (Montréal) et le Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, avec une note de 10/10.

« On a une bonne réputation pour bien encadrer nos élèves, explique la Sœur Labrie. Pour nous, l’encadrement c’est très important et je dirais que c’est ça qui nous distingue. On a une certaine rigueur dans le contrôle des absences, des apprentissages et on apporte un support pédagogique individualisé à nos élèves, notamment avec la mise en place de périodes de récupération. »

Notons en terminant que le Collège Saint-Alexandre, à Gatineau, a également fait bonne figure, se classant en 8e position du palmarès avec une note de 9,5/10, ex aequo avec le Collège Beaubois (Montréal) et le Collège Jean de la Mennais (La Prairie).