Des visiteurs échangent de l'information avec des représentants du CISSSO au salon de l'emploi de l'organisme.

Le CISSSO recrute dans une période difficile

À l’heure des sit-in d’employés et des ports de chandails aux slogans dénonciateurs, le Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) tente d’attirer de nouveaux travailleurs.

Le CISSSO est une énorme machine qui a faim : près de 10 000 employés y travaillent et 1400 embauches ont eu lieu au cours de la dernière année dans les quatre secteurs d’activités clairement identifiés sur le plancher du rez-de-chaussée de l’école secondaire du Versant à Gatineau : l’administration, la santé, les services sociaux et les emplois généraux.

C’est là que se tenait, samedi, la première foire de l’emploi du CISSSO à Gatineau, mais la deuxième dans les faits puisqu’en novembre dernier, un événement semblable, de plus petite envergure, avait eu lieu à Maniwaki.

Des centaines de postulants potentiels ont visité le salon qui ne se limitait qu’à une quinzaine de kiosques dans le grand hall de l’école. On espérait y recruter une cinquantaine de nouveaux employés. 

Le coordonnateur au recrutement pour le CISSSO, Bruno Desjardins, estime qu’en général, près du tiers des postulants rencontrés sont, dans les faits, engagés.

Comment attirer de nouveaux joueurs dans un secteur décrié par ses propres travailleurs et leurs syndicats ? 

« Ce qui est véhiculé dans les médias, c’est pas nécessairement la réalité au quotidien dans tous les services », explique M. Desjardins. 

Des centaines de postulants potentiels ont visité le salon qui se limitait à une quinzaine de kiosques dans le grand hall de l’école secondaire Du Versant.

Fini les Soeurs Grises

Au kiosque de recrutement des inhalothérapeutes et des infirmières, des ambassadeurs bénévoles attendent les visiteurs. 

L’inhalothérapeute Richard Schnob représente sa profession. D’abord réticent à se confier, il reconnaît que les infirmières sont fatiguées de manquer de personnel.

« C’est un peu ça qui fait peur aux nouveaux parce que quand les gens arrivent, ils se font engager, mais ils ne restent pas. C’est pas vrai que je vais passer 30-35 ans à travailler, obligé de rester le soir (au travail) quand je veux voir mes enfants. »

« On essaie d’attirer le plus de monde possible pour combler les postes vacants. [...] La qualité des soins est toujours là, mais les filles sont fatiguées. »

Pour combattre l’épuisement professionnel, on a donc besoin de plus de joueurs sur les chantiers.

« C’est la clé : il faut avoir plus de gens. [...] Faut remplir les trous dans les horaires. [...] Là, on sait quand on commence (son quart de travail), mais on sait jamais quand on finit. »

Avec ça, un taux de rétention inquiétant.

« À peu près 50% (des infirmières) quittent au bout de deux ou trois ans», estime-t-il, ajoutant que les soignants d’aujourd’hui ne sont pas les Soeurs Grises d’hier. La notion de qualité de vie importe. 

Près de 150 postes d’infirmières sont vacants actuellement en Outaouais et une cinquantaine d’autres, à titre d’infirmières auxiliaires.