Les propriétaires seront dédommagés par leur assureur s’ils ont contracté une police «tous risques» ou alors «tous risques sauf collision ou renversement».

Le casse-tête des assurances

Les automobiles prisonnières des glaces dans les rues submergées par la rivière Saint-Charles, à Québec, ont plus de chances que les résidences d’être assurées contre les dommages causés par les inondations.

Les images de voitures recouvertes d’eau, puis figées dans la glace, ont tourné en boucle cette fin de semaine. Une fois décoincées, elles seront fort probablement dirigées vers la ferraille.

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) est formelle: «en aucun cas les véhicules routiers inondés ne doivent être remis en circulation». Cela vaut pour les autos, les camions, les motos et les véhicules récréatifs, dès lors que le plancher ou des composantes essentielles ont été recouverts d’eau. 

L’électronique abîmée, un risque

«Étant donné l’omniprésence de l’électronique, une inondation entraîne des dommages qui peuvent amener un mauvais fonctionnement des composants, ce qui constitue un risque pour la sécurité routière. Si le véhicule inondé était remis en circulation, un fonctionnement inadéquat ou des problèmes de santé des occupants dus aux moisissures ou aux bactéries contenues dans les matières absorbantes (tissu, mousse, etc.) pourraient survenir», peut-on lire sur le site Internet de la société d’État. 

Les propriétaires seront dédommagés par leur assureur s’ils ont contracté une police «tous risques» ou alors «tous risques sauf collision ou renversement», qu’on appelle communément «feu-vol-vandalisme», ou encore si les dommages causés par la crue des eaux font partie des risques spécifiés. 

Pour les résidences, l’étau se resserre. De façon générale, les assurances habitation ne couvrent pas les dommages causés par le débordement d’un cours d’eau. Toutefois, depuis le 1er juin 2017, un nouvel avenant spécifique a été créé par le Bureau d’assurance du Canada (BAC). Si leur compagnie d’assurances offre cette protection et qu’ils ont payé pour, les clients pourraient être dédommagés. 

Anne Morin, porte-parole du Bureau d’assurance du Canada (BAC), ne peut dire combien d’assureurs ont adopté le produit ni s’il est populaire auprès de la clientèle puisqu’il s’agit d’informations commerciales et concurrentielles. 

La majorité des sinistrés devront donc se tourner vers le gouvernement du Québec pour obtenir de l’aide financière. Sont habituellement compensés les mesures préventives de protection de la résidence, les réparations aux biens jugés essentiels ainsi que les frais d’hébergement et de ravitaillement pour ceux qui ont dû quitter leur résidence principale. 

Dans tous les cas, le BAC incite les sinistrés à contacter leur compagnie d’assurances pour savoir ce qui est couvert ou pas. Des estimateurs seront envoyés sur les lieux. Le programme du gouvernement du Québec s’imposera pour le reste.