Il s’écoule 15 semaines entre la plantation et le moment de récolte de la plante de cannabis.

Le cannabis analysé 432 fois

De gigantesques serres à la fine pointe de la technologie, des plants de cannabis à perte de vue, un système de sécurité réglé au quart de tour, des employés vêtus de sarraus blancs et de filets à cheveux — et à barbe pour les hommes — et une forte odeur distinctive qui vous traverse les narines. Bienvenue derrière les murs de l’entreprise HEXO, le plus important fournisseur de la Société québécoise du cannabis dont l’usine est implantée dans le secteur Masson-Angers, à Gatineau.

À l’aube de l’entrée en vigueur de la légalisation de la marijuana récréative prévue mercredi, le producteur a ouvert les portes de ses installations aux journalistes, plus tôt cette semaine. Le Droit vous propose aujourd’hui un bref compte-rendu des faits saillants de cette tournée médiatique qui était agrémentée d’une séance d’information technique.

Les producteurs de cannabis licenciés par Santé Canada doivent respecter des normes strictes. Un nombre impressionnant de détails doit être analysé avant que la plante soit certifiée conforme. HEXO ne fait pas exception à cette règle. Les fleurs de cannabis cultivées à Gatineau doivent subir 432 points de vérification de l’assurance qualité tout au long de leur processus de croissance. Tout est testé, du taux de THC et de CBD (cannabidiol), en passant par les possibles contaminants. C’est un laboratoire indépendant externe qui procède aux analyses dans le but d’offrir un produit de haute qualité et exempt de métaux et de pesticides. Depuis février 2017, HEXO, qui dessert le marché thérapeutique depuis ses débuts, met d’ailleurs à la disposition du public les résultats de laboratoires de ses lots de production sur son site Web.

De la bouture à la cueillette

Il s’écoule 15 semaines entre la plantation et le moment de récolte de la plante de cannabis. D’abord, l’enracinement de pousses provenant de plantes mères se fait dans une salle indépendante. La photopériode étant responsable de déclencher la floraison, on imite le cycle des saisons. Durant au moins deux semaines, les petits plants sont exposés à 18 heures de lumière par jour afin de favoriser leur croissance. Pendant cette période, certains cultivars peuvent croître d’environ 30 à 40 centimètres. Une fois cette étape terminée, les plantes sont transférées dans une autre salle où elles sont bombardées de lumière à raison de 12 heures par jour. C’est à ce moment que la plante va entrer dans sa phase de pollinisation. Les fleurs résultant de ce processus seront ensuite cueillies, séchées, affinées et irradiées par les employés de l’usine.

La coccinelle, gardien naturel des lieux

HEXO mise sur des outils biologiques pour contrôler l’environnement où pousse son cannabis. N’employant pas de pesticides sur ses produits, en raison notamment des normes excessivement strictes de Santé Canada, HEXO fait appel à des « insectes prédateurs » pour garantir une protection efficace de ses cultures.

« On embauche les insectes », lance en riant la maître cultivatrice de l’entreprise, Agnes Kwasniewska. La coccinelle est l’un des meilleurs alliés de la compagnie pour assurer une surveillance accrue des parasites ou insectes dévastateurs qui pourraient s’infiltrer dans l’usine. Les tétranyques ou « spidermites » en anglais sont parmi les principaux ennemis de la plante. « Nous avons beaucoup de petits travailleurs ici. Certains sont des prédateurs généralistes qui vont s’attaquer à tout ce qu’ils voient et d’autres sont très spécifiques. On compte énormément sur eux. Les coccinelles sont nos alliées numéro un puisqu’elles mangent tout », explique Mme Kwasniewska. À noter que mites et guêpes sont aussi de valeureux gardiens des lieux.

L’épouvantail sonore

Si le traditionnel épouvantail a traversé les époques comme étant une méthode efficace pour repousser les oiseaux des champs et jardins des agriculteurs, l’équipe d’HEXO a opté pour une version revisitée du concept.

Un enregistrement d’oiseau en détresse résonne de façon régulière dans les serres dans le but d’éloigner d’éventuels visiteurs à plumes qui oseraient s’aventurer dans les dédales du complexe de production.