Le gouvernement Trudeau tente de convaincre les États-Unis et le Mexique d’inclure un chapitre sur le genre dans le nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Le Canada a fait valoir un chapitre sur l’équité entre les sexes

Le gouvernement Trudeau est conscient que d’autres pays lèvent les yeux à l’évocation d’ententes commerciales féministes, mais les libéraux sont convaincus que l’idée sera un jour aussi évidente que celles d’inclure des normes du travail et de protection de l’environnement.

Les négociateurs canadiens ont notamment fait valoir ce point de vue pour tenter de convaincre les États-Unis et le Mexique d’inclure un chapitre sur le genre dans le nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), indiquent des documents sur les négociations.

Des points de discussion préparés pour des hauts fonctionnaires à Affaires mondiales Canada en vue des négociations ayant démarré le 16 août à Washington rappellent les premières discussions il y a une vingtaine d’années sur les normes du travail et l’environnement dans le contexte d’accords commerciaux. La création de mécanismes de coopération a augmenté notre compréhension de ces enjeux et a démontré la nécessité pour des obligations appropriées dans les accords commerciaux, ajoutent les documents.

La Presse canadienne a obtenu ces documents grâce à la Loi sur l’accès à l’information.

Même les responsables canadiens étaient sceptiques au départ, laisse-t-on entendre.

« Notre premier réflexe était de dire que (les accords de libre-échange) sont neutres relativement au genre. Mais est-ce que les effets sont neutres ? Nous avons commencé à réaliser que ce n’est pas toujours le cas », soulignent les documents. Seulement une société d’exportations sur cinq est dirigée par une femme entrepreneure, affirment les documents, mettant aussi en lumière une étude de la Banque mondiale montrant qu’un grand nombre de pays n’accordent pas les mêmes droits garantis par des lois aux femmes qu’aux hommes en ce qui a trait aux affaires.

Aussi, on y fait valoir qu’une telle approche pourrait aider à générer des appuis pour l’entente dans un contexte où des gens à travers le monde rejettent de plus en plus l’idée que le libre-échange puisse rendre la croissance économique plus « inclusive ».

« Je ne m’attends pas vraiment à ce qu’il y ait un chapitre sur le genre dans un éventuel nouvel ALÉNA, mais je crois qu’ils auront ajouté une lentille de genre à d’autres chapitres, et cela peut être utile », a affirmé Angella MacEwen, économiste principale au Congrès du travail du Canada.