Bill Morneau et Justin Trudeau avant la présentation du nouveau budget.

Le budget fédéral en bref

Les enjeux régionaux selon le nouveau budget fédéral, en quelques mots.

231 millions $ pour la crise des opioïdes

Alors que le maire d’Ottawa Jim Watson réclamait pas plus tard qu’il y a deux semaines une aide supplémentaire des paliers supérieurs de gouvernement pour lutter contre la crise des opioïdes, qui frappe la capitale comme toutes les autres grandes villes, le fédéral annonce qu’il prévoit injecter 231 millions $ additionnels répartis sur cinq ans pour faire face au phénomène. 

Cet investissement permettra entre autres d’accorder un financement d’urgence unique de 150 millions $ aux provinces et territoires pour des projets améliorant l’accès aux services de traitement. 

Parmi les autres mesures, on propose aussi de donner aux agents des services frontaliers des outils de détection et d’identification pour intercepter le fentanyl et d’autres substances aux points d’entrée du pays. En 2016, on a dénombré plus de 2800 décès liés à des surdoses d’opioïdes. 

La crise frappe de plein fouet la Colombie-Britannique, l’Ontario et l’Alberta, où sont enregistrés plus de 85 % des décès. À Ottawa uniquement, les surdoses ont causé la mort de 40 personnes en 2016. L’an dernier, selon Santé publique Ottawa, on a enregistré 396 visites à l’urgence liées à des surdoses d’opioïdes dans les hôpitaux de la capitale.

400 millions $ additionnels  pour les langues officielles

Le fédéral propose d’allonger 400 millions $ additionnels dans le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023, soit un peu moins que les 575 millions $ réclamés par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).

L’organisation affirmait récemment que la somme aurait permis de « réparer les torts causés par plus d’une décennie où les investissements dans les communautés n’ont même pas été indexés au coût de la vie », ajoutant que plusieurs de ses organismes étaient à bout de souffle. 

La FCFA avait alors indiqué que les paroles ne suffisaient plus et qu’après 27 mois au pouvoir, le gouvernement se devait de « poser des gestes significatifs dans le dossier des langues officielles ». 

En entrevue éditoriale avec Le Droit il y a quelques jours, le nouveau commissaire aux langues officielles Raymond Théberge avait quant à lui indiqué qu’il considérait que le gouvernement Trudeau « n’a pas fait sa job » en ne s’étant jamais clairement prononcé sur l’importance de la dualité linguistique depuis l’amorce de son mandat.

Les mesures clés du nouveau Plan d’action, qui seront mises en place par plusieurs ministères dont Patrimoine canadien, Santé Canada et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, permettront par exemple de financer des organismes communautaires, des activités culturelles et des médias dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire. 

L’argent pourrait aussi servir au recrutement et au maintien en poste d’enseignants de français et d’anglais langue seconde, ou encore au développement d’une application interactive pour l’apprentissage de langue de Molière ou de Shakespeare.

Le gouvernement souhaite également faciliter l’accès à la justice de tout citoyen dans la langue officielle de son choix en injectant 10 millions $ sur cinq ans dans le Fonds d’appui à l’accès à la justice.

Au centre-ville d’Ottawa: 73 M$ pour la bibliothèque centrale

Le fédéral injecte 73 millions $ sur six ans pour la construction d’un nouvel immeuble qui hébergera à la fois la Bibliothèque publique d’Ottawa et Bibliothèque et Archives Canada, sur les plaines Le Breton.

L’investissement, inclus dans le budget dévoilé mardi par le ministre Morneau, était l’étape tant attendue par la Ville d’Ottawa pour aller de l’avant avec son projet de déménagement de la bibliothèque du centre-ville.

Après quelques années de débats et d’études, la Ville d’Ottawa avait arrêté son choix en février 2017 sur le site du 557, rue Wellington, non loin de la rue Albert. À deux pas de là se trouvera aussi la station Pimisi de l’O-Train. Une douzaine de sites potentiels avaient été scrutés à la loupe, la succursale de la rue Metcalfe, située un kilomètre et demi plus loin, étant devenue trop à l’étroit.

Le reste de la facture du projet conjoint, chiffré à 168 millions $, sera assumée par la Ville.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, se réjouit de cet investissement du fédéral, soulignant que la construction devrait s’amorcer en 2019. 

« C’est une grande victoire pour la Ville d’Ottawa et les citoyens. C’est la priorité numéro un de notre conseil municipal d’avoir un partenariat avec Bibliothèque et Archives Canada. J’ai rencontré M. Morneau il y a trois ou quatre semaines pour faire pression et démontrer que c’était une priorité pour nous et je suis content qu’il a écouté [...] Ce sera le premier édifice sur le site des Plaines LeBreton. C’est vraiment le coup d’envoi de toutes les activités qui suivront dans ce coin de la ville », a réagi M. Watson.

Les deux organisations partageront le bâtiment, qui, selon les plans préliminaires, comptera quatre étages et aura une superficie de 20 000 mètres carrés. 

En plus de cette somme d’argent consentie jusqu’en 2022-2023, le fédéral annonce qu’il investira quatre millions $ par année par la suite dans ces nouvelles infrastructures. 

35 millions $ pour lutter contre le harcèlement au travail

En marge de son projet de loi C-65, qui vise à protéger les employés sous réglementation fédérale contre le harcèlement et la violence en milieu de travail, le gouvernement propose de mettre sur pied un Centre sur la diversité, l’inclusion et le mieux-être dans la fonction publique. Cette nouvelle entité aura pour mandat de venir en aide aux fonctionnaires fédéraux confrontés à du harcèlement sexuel en milieu de travail. 

Le fédéral a annoncé qu’il investira 35 millions $ sur cinq ans et 7,4 millions $ par an par la suite pour appuyer les objectifs de ce projet de loi.