Le directeur général du Bureau régional d’action SIDA, Sylvain Laflamme.

Le BRAS travaille sur un projet de 4 millions $

Le Bureau régional d’action SIDA (BRAS) planche actuellement sur l’un des plus importants projets de son histoire. L’organisme a acquis des terrains à l’angle des rues Eddy et Garneau, dans le centre-ville de Gatineau, où il projette la construction d’un immeuble à logements abordables de sept étages destiné à sa clientèle la plus vulnérable.

Le Droit a appris que cet immeuble, dont la construction est évaluée à 4 millions $, comprendrait 25 unités de logement et pourrait voir le jour d’ici deux à trois ans. Le projet a d’ailleurs reçu l’appui de la Commission permanente sur l’habitation de la Ville de Gatineau en septembre dernier. Le BRAS injecterait lui-même une partie du financement et pourrait compter sur l’aide de la Société d’habitation du Québec (SHQ) ainsi que de la Ville par le biais du programme AccèsLogis. 

Le directeur général du Bureau régional d’action SIDA, Sylvain Laflamme, explique que le projet en est encore aux premières étapes de planification, mais l’objectif est d’offrir un toit à leur clientèle déjà très fragilisée. « Nous intervenons auprès des gens atteints du VIH, mais aussi auprès des utilisateurs de drogue injectable et des travailleuses du sexe », dit-il. 

Le projet serait aussi extrêmement symbolique pour le BRAS qui occupe toujours des locaux au sous-sol de l’édifice Jules-Desbiens situé au 109, rue Wright. « Comme le VIH qui a longtemps été perçu comme une maladie honteuse qu’il fallait cacher, nous sommes demeurés nous aussi cachés dans ces locaux pas très accueillants, à l’arrière d’un édifice, explique M. Laflamme. Les mentalités ont changé. Nous prévoyons déménager notre siège social au rez-de-chaussée de ce nouvel immeuble où nous pourrions enfin avoir pignon sur rue. »

Clinique médicale

Le BRAS est aussi en discussions actuellement avec des professionnels pour aménager une clinique médicale au rez-de-chaussée de ce nouvel immeuble. « Ça pourrait être un GMF ou une clinique spécialisée dans le dépistage, note M. Laflamme. Cet élément reste encore à déterminer. »

La construction de ce bâtiment nécessiterait la démolition de deux immeubles délabrés qui occupent actuellement le terrain acheté par l’organisme. Le projet du BRAS viendrait ainsi répondre à plusieurs objectifs dans le centre-ville, à savoir la densification et la revitalisation du secteur. 

Cédric Tessier

Le nouveau conseiller du quartier, Cédric Tessier, se dit « très favorable » au projet présenté par le BRAS. « Ça répond au besoin d’une clientèle vulnérable qui est à risque d’itinérance, dit-il. Il y a plusieurs projets du genre actuellement dans les plans dans le secteur. Je suis très favorable à ce projet, d’autant plus qu’il intégrerait une clinique médicale, ce qui est un besoin important dans le quartier. »

M. Tessier rappelle toutefois qu’il sera important pour l’organisme de ne pas négliger l’enjeu d’acceptabilité sociale et qu’il devra aller à la rencontre des citoyens du secteur et des différents partenaires comme l’association des résidents. 

« Je ne m’attends pas à une levée de boucliers, dit-il. Le BRAS est un organisme solidement enraciné dans sa communauté. »