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Luc-André Paquette et sa petite famille habitent une localité située à une quarantaine de minutes de la ville de Nara, là où les cerfs cohabitent en permanence avec les humains.
Luc-André Paquette et sa petite famille habitent une localité située à une quarantaine de minutes de la ville de Nara, là où les cerfs cohabitent en permanence avec les humains.

Le bonheur au pays du Soleil levant

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
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Célébrer Noël au Japon sera possible cette année, même en temps de pandémie. Parole de Luc-André Paquette, un expatrié originaire de l’Outaouais qui réside au pays du Soleil levant.

Le natif d’Ottawa, qui a vécu la majeure partie de sa vie à Gatineau, a déménagé au Japon en 2013 avec sa femme Aki qu’il avait rencontrée huit ans auparavant, alors qu’il travaillait au Commissariat aux langues officielles, dans la capitale fédérale. Luc-André avait l’habitude d’aller prendre le dîner avec son père. Un midi, ils se sont rendus dans un bar à sushi, sur la rue Kent.

« Il y avait une femme qui était serveuse, qui n’était pas dans notre section et que je trouvais extrêmement jolie. Éventuellement, elle est venue me servir un Coke et c’est comme ça, par hasard, que nous nous sommes rencontrés. Ç’a été le coup le foudre pour les deux », raconte le quadragénaire, tout sourire, en entrevue visioconférence.

Le couple est marié depuis 2007. Luc-André et Aki sont les heureux parents de la petite Luna Yoshida Paquette, qui soufflera ses quatre bougies en février.


« Peu importe ce qui va être sur la table, nous allons le manger. Nous allons être quatre générations ensemble pour le repas. »
Luc-André Paquette

La famille habite la ville de Kashihara, une localité située à une quarantaine de minutes de la ville de Nara, là où les cerfs cohabitent en permanence avec les humains.

Noël est surtout une occasion de « célébrer le bonheur » dans l’archipel japonais, fait remarquer celui qui est professeur de langue anglaise dans une école d’Asuka. On compte d’ailleurs à peine 1 % de la population nippone qui est chrétienne, dit-il.

« C’est le temps de l’année pour être joyeux. À Tokyo, habituellement, il y a plein de lumières partout. C’est surtout le 31 que la fête commence. [...] Moi, ce que je préfère, c’est vraiment le 25 décembre. C’est cette tradition de Noël avec l’arbre, avec les lumières, les cadeaux et la musique de Noël que j’ai voulu amener avec moi ici », souligne M. Paquette, qui compte bien faire parvenir des présents à ses parents et sa fratrie qui habitent l’Outaouais et l’Est ontarien.

Le respect des règles

Pour l’heure, les mesures sanitaires au Japon n’imposent pas d’interdiction sur les rassemblements. Des règles plus strictes étaient en vigueur lorsque l’état d’urgence avait été instauré par les 47 préfectures japonaises au printemps, mais ce n’est pas le cas pour cette seconde vague.

Il faut dire que le nombre de cas quotidiens confirmés de COVID-19 oscille autour de 2000 depuis le début du mois. À noter que l’on compte au Japon une population totale d’environ 126 millions habitants.

En date de jeudi, le Japon comptabilisait d’ailleurs 2465 décès depuis le début de la crise, alors que le Canada, avec ses 36 290 000 habitants, totalisait 12 867 morts reliés au coronavirus, selon les données de l’OMS. Comment expliquer un tel écart au chapitre des statistiques ?

« Les Japonais écoutent leur gouvernement, propose Luc-André comme explication. C’est un pays, une île. Quand j’habitais le Canada, je pensais connaître le mot respect. Maintenant, je sais c’est quoi le respect de l’autre. Au Japon, les montagnes font les trois quarts de l’île et le quart restant, tout le monde est coincé dedans et on doit cohabiter. On n’a pas le choix de respecter l’autre. Il y a aussi le fait que les gens âgés, on les place moins dans des résidences. »

Le 25 décembre au soir, les Yoshida-Paquette se rendront donc chez la belle-famille pour partager une bonne bouffe. Pas question cependant de faire comme des millions de Japonais qui mangent chaque année du Poulet frit Kentucky à Noël.

« On va probablement manger une soupe Nabe. C’est le repas que nous mangeons ici en hiver. Mes beaux-parents ont un gros jardin avec plein de légumes. Peu importe ce qui va être sur la table, nous allons le manger. Nous allons être quatre générations ensemble pour le repas », de conclure le Japonais d’adoption qui prévoit aussi faire une réunion virtuelle avec ses proches de l’Outaouais le 25 au matin, pendant que ces derniers réveillonneront le 24 au soir, à l’heure du Québec.