Le bilinguisme pourrait accroître la flexibilité cognitive — alterner entre deux tâches différentes — chez les enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Le bilinguisme serait un avantage pour les enfants autistes

MONTRÉAL — Être bilingue pourrait être un avantage pour les enfants autistes, selon une étude réalisée par une équipe de chercheuses de l’Université McGill, à Montréal.

Les résultats du projet de recherche ont été publiés récemment dans la revue Child Development.

Après des tests, l’étude en arrive à la conclusion que le bilinguisme pourrait accroître la flexibilité cognitive — alterner entre deux tâches différentes — chez les enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Parler deux langues semble être un atout quand ils doivent passer d’une tâche à l’autre, ce qu’ils ont souvent de la difficulté à accomplir, est-il noté.

L’équipe de recherche en est arrivée à cette conclusion après avoir observé le degré de facilité avec lequel 40 enfants âgés de 6 à 9 ans, présentant ou non un trouble du spectre de l’autisme, unilingues ou bilingues (parlant une combinaison de deux des trois langues suivantes : français, anglais et espagnol), passaient d’une tâche à l’autre dans le cadre d’un test réalisé sur ordinateur.

Le test qu’ils ont effectué était le suivant : on leur a demandé de classer un objet en fonction de sa couleur — lapin bleu ou bateau rouge. Puis on leur a demandé de faire la même chose, mais cette fois-là, en fonction de leur forme — lapin ou bateau — peu importe la couleur.

Conclusion ? Les chercheuses ont découvert que, chez les enfants qui présentaient un TSA, ceux qui étaient bilingues obtenaient de bien meilleurs résultats lorsqu’ils changeaient de tâche que ceux qui ne parlent qu’une seule langue.

Selon Aparna Nadig, l’auteure principale de l’article et professeure à l’École des sciences de la communication humaine de l’Université McGill, il s’agit d’une découverte « surprenante ».

Les résultats de l’étude s’appliquent à une situation de contexte bilingue, comme à Montréal, a expliqué en entrevue téléphonique la professeure Nadig, et à des enfants ayant des connaissances supérieures dans deux langues.

L’étude est une « première », dit-elle. Si d’autres analyses avaient démontré les avantages du bilinguisme pour les fonctions cognitives et de pensée dans un contexte professionnel, c’est la première fois qu’une telle étude se penche sur l’impact chez les enfants autistes, a expliqué la professeure.

Elle croit que ces résultats sont importants pour les parents qui prennent des décisions pour l’apprentissage et l’éducation de leurs enfants.

« Il y a une croyance que le bilinguisme fait du tort ou est une difficulté pour les enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme », rappelle-t-elle.

« Mais non seulement cela ne cause pas de problème, cela pourrait, en fait, présenter un avantage. »

Les chercheuses reconnaissent la petite taille de l’échantillon, mais sont d’avis que la conclusion sur l’avantage du bilinguisme est significative et qu’elle devrait faire l’objet d’études plus approfondies. Elles aimeraient aussi réévaluer les jeunes dans quelques années pour voir si les différences observées sont toujours là.