Ginette Chaumont avait cumulé 22 ans de service à l'Archidiocèse d'Ottawa avant d'être congédiée en 2011, alors qu'elle souffrait de dépression.

L'Archidiocèse d'Ottawa accusé de discrimination

L'Archidiocèse d'Ottawa devra se défendre devant le tribunal des Droits de la personne. Une ex-employée tente d'obtenir réparation après son congédiement en 2011. Elle a été renvoyée alors qu'elle était aux prises avec des problèmes de santé mentale.
Ginette Chaumont l'admet d'emblée, elle souffrait de dépression en 2011 et cette maladie avait un impact négatif sur son rendement au travail. Elle était constamment fatiguée, irritable et faisait des erreurs liées à des pertes de concentration. «Je ne le nie pas», explique la femme qui approche de la soixantaine.
Toutefois, son avocat et elle estiment que l'Archidiocèse n'a fait aucun effort pour l'aider à améliorer son état. Les symptômes de dépression sont apparus à la fin de l'été, estime Mme Chaumont. Le 18 novembre, elle était convoquée au bureau de Mgr Kevin Beach. Il lui annonça alors que son congédiement avait été réclamé par l'archevêque Prendergast.
Un congédiement injuste
La femme de 59 ans avait cumulé 22 ans de service à l'Archidiocèse avant son renvoi en 2011. Elle avait également obtenu une promotion au sein de la «garde rapprochée» de l'archevêque dans les années qui ont précédé son départ.
L'avocat de Ginette Chaumont, Alan Riddell, croit que cette promotion démontre qu'en temps normal, sa cliente est en mesure de faire le travail qui est exigé d'elle. «Dans la loi ontarienne et québécoise, l'employeur a le devoir formel et absolu d'essayer d'accommoder de façon raisonnable des employés qui sont en dépression.»
Le clan de Mme Chaumont souligne également que les problèmes de santé mentale de la femme n'étaient pas inconnus de son ancien employeur puisqu'elle avait connu un épisode dépressif aux alentours de 2007.
Depuis son congédiement, Ginette Chaumont n'a pas réussi à se trouver d'emploi.
«Ç'a eu des effets très graves sur elle sur un plan financier. Elle a dû vendre sa maison et sa voiture», affirme Alan Riddell. «Pour moi, ce ne sont pas des actes dignes d'une institution qui prétend mener un rôle de leadership dans notre communauté.»
Visiblement secouée, Ginette Chaumont dit ne pas trouver les mots justes lorsqu'on lui demande ses impressions sur l'attitude de l'Archidiocèse dans ce dossier. Son ex-employeur l'avait aidé à reprendre le dessus pendant sa première période creuse, souligne-t-elle. Elle s'explique mal ce changement d'approche.
«Ça me dépasse, ç'a été très pénible à vivre. Je me suis sentie rejetée par la communauté.»
L'Archidiocèse nie
Dans une déclaration écrite, la porte-parole de l'Archidiocèse d'Ottawa, Sarah Du Broy, souligne que le cas de Mme Chaumont en est un de «conflit de travail» et qu'il n'y a «aucun fondement aux accusations de discrimination».
Mme Du Broy ajoute que l'Archidiocèse est prêt à se défendre devant le tribunal des Droits de la personne. La cause sera entendue dès demain.