Julie Nadeau, tenant dans ses bras la petite Claire, est entourée de papa Nicolas et de Malo.
Julie Nadeau, tenant dans ses bras la petite Claire, est entourée de papa Nicolas et de Malo.

L’amour au premier regard

À minuit et 43 minutes, la petite Claire est née. Au premier coup d’œil, mère et fille se sont reconnues et se sont mutuellement apaisées. «Elle pleurait beaucoup, se rappelle Julie Nadeau. Mon chum l’a prise dans ses bras et quand il l’a amené face à moi, tout de suite, elle a arrêté de pleurer. C’est comme si elle me reconnaissait. Ça l’a rassurée spontanément et ça m’a fait du bien.»

Née au début du confinement, le 25 mars, Claire entame sa vie de manière assez différente que son frère, Malo. «Notre premier, on se promenait beaucoup avec lui. On allait au restaurant, on voyait beaucoup de famille. C’est un petit garçon qui a été mis en contact rapidement avec beaucoup de gens : tout le contraire de Claire», raconte Julie Nadeau, graphiste chez Desjardins. «On est vraiment dans notre petit cocon, personne d’autre ne vient à la maison, c’est très différent.»

La différence avait d’ailleurs commencé à se faire sentir à la dernière échographie où son conjoint ne pouvait pas être présent. «Dans les derniers rendez-vous, les infirmières et les médecins portaient des masques. Déjà, c’est impressionnant de voir ça. C’est du personnel qu’on ne connaît pas. On est rassuré qu’ils se protègent, mais ça enlève un peu le côté humain parce qu’on ne voit pas les gens sourire», explique la mère qui n’a que des éloges pour le personnel du CHU de Québec, qui l’a aidée durant son accouchement. «Pendant le moment angoissant où ils se dépêchaient pour m’installer pour la césarienne, mon chum ne pouvait pas être là, c’est l’anesthésiste qui me tenait par la main», se souvient-elle.

«C’était vraiment très intense comme accouchement», déclare Julie. «C’était un accouchement express. Immédiatement, ils ont dit qu’il fallait aller en césarienne. La médecin est arrivée avec son manteau sur le dos, on s’est présentée et on a couru vers la salle de césarienne. En une heure, tout était terminé.»

Chaque maman en son temps

L’arrivée de Claire était espérée depuis un moment par ce couple de quadragénaires. «On espérait avoir plus qu’un enfant, même si le premier est arrivé un peu tard», explique la femme qui n’a pas senti l’urgence de devenir maman tôt dans sa vie.

«J’ai toujours su que je voulais des enfants, mais ça m’a pris un certain temps à me sentir prête», partage Julie. «Le sentiment que j’étais prête est venu vers la mi-trentaine. Ça m’a pris un certain temps pour me sentir à la bonne place dans la vie, avec la bonne personne.»

L’amour qui anime Julie depuis qu’elle est maman est la plus belle découverte qu’elle a faite dans son rôle de mère. «Je ne pouvais pas me douter à quel point j’allais aimer mes enfants», avoue-t-elle. «C’est un amour inconditionnel. Tout le monde nous le dit, mais on ne se doute pas à quel point.» Autant d’amour a aussi éveillé la maman ourse qui dormait en Julie. «Je suis beaucoup plus protectrice que je le voudrais parfois», a-t-elle pu constater dans les dernières années. 

D’ailleurs, maman ourse doit maintenant protéger sa progéniture d’une menace invisible : un virus. Alors que la petite fille âgée de six semaines n’a connu que le confinement, cette réalité est nouvelle pour son frère Malo qui aura bientôt trois ans. «C’est un petit garçon très sociable, toujours de bonne humeur», décrit Julie. «La distanciation c’est quelque chose de plus difficile à comprendre.»

Par chance, papa ours est là aussi. Nicolas, qui travaille dans le milieu culturel, a vu son congé de paternité devancé de force par la pandémie. Un mal pour un bien, croit Julie qui doit composer avec un contexte plus incertain qu’à l’arrivée de son premier enfant.