Appelée à dire ce qui serait son principal atout dans ses fonctions, a nouvelle ambassadrice des États-Unis au Canada, Kelly Knight, a vanté son écoute active.

L'ambassadrice américaine à Ottawa assermentée à Washington

La nouvelle ambassadrice des États-Unis au Canada a dit avoir l'intention de représenter l'ordre du jour du président Trump dans un style semblant, à première vue, plus doux que celui de son patron.
Kelly Knight Craft a discuté avec CTV News de ses plans dans sa première entrevue canadienne diffusée mercredi, au lendemain de son assermentation à la Maison-Blanche.
Elle a démontré cette approche moins agressive lorsque questionnée sur les gestes d'opposition au gouvernement de joueurs de la Ligue nationale de football américain (NFL) - que M. Trump a dénoncés avec véhémence.
« Nous sommes dans un pays qui défend la liberté d'expression », a dit Mme Knight Craft, lorsque questionnée sur cet enjeu. « Je veux promouvoir notre Constitution et l'ordre du jour (de l'administration). Pour moi, mettre mon opinion au-devant ne serait pas juste. »
« Bien que je puisse être en désaccord, je respecte l'opinion de chacun », a-t-elle ajouté.
Appelée à dire ce qui serait son principal atout dans ses fonctions, elle a vanté son écoute active.
Mme Knight Craft a dit soutenir l'ordre du jour du président qui implique de renégocier ou d'éliminer l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Appelée à dire si elle est en accord avec les fréquentes menaces de M. Trump de déchirer l'accord continental de libre-échange, elle a répété qu'elle suit l'ordre du jour du président.
« Nous avons tous des styles différents, mais nous recherchons tous le même résultat et c'est ce à quoi je m'attarde », a-t-elle affirmé.
La nouvelle ambassadrice a ajouté connaître plusieurs personnalités à Washington qui espèrent un résultat dit « gagnant-gagnant-gagnant » sur l'ALÉNA, signifiant une entente qui profite aux trois pays.
Mme Knight Craft a été assermentée en pleines turbulences commerciales entre les deux pays, alors que des disputes émergent en même temps que la renégociation de l'ALÉNA.
Elle a été assermentée mardi, le jour même où le département américain du Commerce a décidé d'imposer des droits compensatoires préliminaires de près de 220 pour cent aux appareils CSeries de Bombardier, qui s'ajoutent aux mesures similaires imposées au bois d'oeuvre.
Cette philanthrope, qui s'est toujours montrée généreuse envers le Parti républicain, a prêté serment à la Maison-Blanche devant le vice-président, Mike Pence, en présence d'un parterre de personnes influentes à Washington.
M. Pence a déjà tenté de rassurer le Canada sur le fait que la renégociation de l'ALÉNA déboucherait sur un accord « gagnant-gagnant-gagnant », et il a adopté le même ton lorsqu'il a assermenté Mme Craft mardi.
« Le président Trump est fermement engagé à renforcer notre relation avec notre cher allié, ami, voisin, le Canada. L'un des signes les plus clairs de cet engagement du président Trump est la nomination de Kelly Craft comme nouvelle ambassadrice », a dit M. Pence.
« C'est également un moment historique dans notre relation avec notre voisin alors que nous travaillons avec le Canada et le Mexique pour moderniser l'ALÉNA. Nous savons que vous jouerez un rôle central dans ces négociations et ces discussions. »
Un parterre de gens influents
Parmi les participants à la cérémonie d'assermentation figuraient notamment le leader républicain du Sénat, Mitch McConnell, originaire du Kentucky comme Mme Craft ; la femme de M. McConnell, la secrétaire au Transport Elaine Chao ; plusieurs élus du Congrès ; d'anciens ambassadeurs sous les précédentes administrations ; des membres de la famille de Mme Craft ainsi que la nouvelle ambassadrice adjointe du Canada à Washington, Kirsten Hillman.
Kelly Knight Craft a remercié son mari, un magnat du charbon et important donateur républicain, qui l'accompagnera à Ottawa.
« (Nous serons) dans une mission de service », a dit Mme Knight Craft. « Au service des professionnels de notre ambassade (...), au service des nombreuses relations d'affaires qui font du Canada une partie si importante de notre économie, et au service de vous tous qui méritez une représentation efficace de nos intérêts dans les capitales de ce monde. »
Le département américain du Commerce a imposé des droits compensatoires pour protester contre ce qu'il considère comme des subventions injustes obtenues par Bombardier. Cela s'ajoute aux droits compensatoires imposés au bois d'oeuvre, et à une incapacité à conclure jusqu'à maintenant un accord qui mettrait fin à la plus récente dispute dans ce secteur.
« Les États-Unis accordent de l'importance à la relation avec le Canada, mais même nos plus proches alliés doivent jouer selon les règles », a affirmé le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, en annonçant les sanctions américaines contre Bombardier.