Plutôt qu’une visite dans les boutiques, Terego propose carrément aux touristes de camper chez les agriculteurs.

L’agrotourisme prend de l’expansion

Des producteurs agricoles de la grande région de la capitale nationale se préparent encore cet été à accueillir sur leur ferme les touristes en véhicule récréatif à la recherche d’une expérience champêtre.

Ces producteurs sont membres de l’entreprise québécoise Terego, connue jusqu’à tout récemment sous le nom de Terroir en VR.

« Ce changement de nom et notre nouveau site web vont permettre d’intensifier notre expansion au Canada et de moderniser l’expérience de voyage de nos membres », a expliqué la présidente de Terego, Michèle Bourassa, dont l’entreprise en est en 2019 à sa troisième année d’existence.

Terego compte quelque 235 producteurs hôtes au Québec, dans les Maritimes et en Ontario qui offrent au-delà de 700 stationnements pour véhicules récréatifs. Le réseau cherche à prendre de l’expansion cette année, notamment en Ontario, et dans l’ouest du pays dès 2020. Les adeptes du VR peuvent se rendre sur le site de Terego afin de consulter les producteurs hôtes pour préparer leur voyage.

Une nuitée à la ferme dans son VR s’avère une expérience plus exotique que sur le terrain de stationnement d’un magasin à grande surface ou dans un camping, suggère-t-on.

« L’idée, c’est d’aller à la découverte des producteurs du terroir, de les rencontrer, de goûter, d’essayer. Le stationnement est presque un prétexte pour pouvoir avoir un accès un peu plus privilégié, plus complet qu’on aurait eu en étant un visiteur qui vient passer une demi-heure dans la boutique de la ferme », a expliqué la vice-présidente de Terego, Karine Morin.

Les producteurs membres de Terego doivent offrir de un à cinq espaces pour les VR, et avoir quelqu’un pour accueillir les invités.

« Si des voyageurs arrivent le vendredi en fin de journée, nous sommes assis à notre BBQ à la table champêtre en train de prendre notre verre de vin du vendredi soir, a illustré Lise Villeneuve, copropriétaire de la Ferme Brylee qui est associée avec Terego depuis ses débuts en 2017. Les gens peuvent se promener sur le terrain. Ils viennent nous voir, on jase. C’est vraiment relaxe comme atmosphère. C’est pour ça que les gens viennent en campagne. »

Les voyageurs qui s’abonnent à Terego sont déjà intéressés par le concept, a fait valoir Mme Morin. Les hôtes vont partager avec les visiteurs l’historique de la ferme, comment ils font l’élevage des animaux et ils feront une visite des lieux.

« C’est une clientèle qui paie un abonnement annuel (105 $), et leur but est de découvrir. Pour les producteurs, c’est une clientèle intéressante », a-t-elle expliqué, précisant que les touristes deviennent « les meilleurs ambassadeurs » pour faire la promotion des créations alimentaires des producteurs agricoles qu’ils rencontrent.

La Binerie Plantagenet dans l’Est ontarien participe elle aussi à l’expérience d’agrotourisme.

« C’est fantastique. Ce sont vraiment de belles rencontres que l’on fait avec les membres. Quand ils arrivent, on leur fait faire le tour de la binerie et ils sont toujours très émerveillés avec notre processus, surtout avec notre vieille tradition de faire encore des bines dans les chaudrons de fonte. On s’en va sur notre troisième été avec Terego », a raconté le propriétaire de la Binerie Plantagenet, Alain Lapensée.

De plus en plus de gens s'intéressent à l'agrotourisme.

« Je pense que les gens aiment bien les histoires de compagnies hors du commun comme la nôtre », a-t-il ajouté, tout en précisant que certains membres de Terego qui ont passé une nuitée à la Binerie sont revenus pour le Festival de la bine de Plantagenet.

« Ça fait connaître notre belle région, le côté champêtre et le côté rural. Les gens aiment bien participer », a continué M. Lapensée.

Mme Villeneuve dit être embarquée dans l’aventure d’agrotourisme de Terego par curiosité pour voir si le projet fonctionnerait. La Ferme Brylee accueille des VR qui viennent de loin, mais aussi de Gatineau. Elle compte trois espaces de stationnement.

« Les voyageurs viennent nous voir à la boutique. On apprend à se connaître. Ils achètent des produits, nos viandes, et souvent c’est pour leur souper, a-t-elle expliqué. Les gens sont sympathiques. Ils sont en vacances alors ils sont de bonne humeur. »