La vie après la mort, la question éternelle

Les humains ont de tout temps cherché à savoir s'il y avait une vie après la mort, selon une professeure d'anthropologie de l'Université d'Ottawa, Lucie Dufresne.
Déjà, il y a 10000 ans, la mort et le deuil étaient accompagnés de rituels selon «des idées que l'on pourrait interpréter aujourd'hui comme étant magiques».
«Au début, il y avait une croyance dans la permanence d'une partie de ce qui vit, parce qu'on fait aussi ça avec des animaux, explique-t-elle. Partout au monde et à toutes les époques, on trouve des choses comme cela. Il ne semble pas y avoir de cultures qui ignorent la mort complètement.»
Le besoin de croire que la mort ne ferme qu'un chapitre de l'existence fait partie de la nature humaine. «On est fait comme cela, tranche l'enseignante en histoire de la magie, de la sorcellerie et de la tradition occulte. Le cerveau humain conçoit les choses comme cela.»
Est-il possible d'être totalement non croyant? Bien entendu, soutient la professeure. Certains trouvent leur immortalité au travers la famille ou en laissant un legs économique, par exemple. «On souhaite tous laisser des traces, indique-t-elle. La vie c'est plus que manger, dormir,etc.»
Les religions proposent des réponses aux grandes questions de l'existence. Leur faiblesse depuis près de deux siècles en Occident explique en partie la montée des croyances paranormales, selon Mme Dufresne. «Ceux qui ne sont pas religieux n'ont que les histoires d'horreur comme modèle.»
Dans le cadre de ses recherches, Mme Dufresne a fréquenté durant plus de 10 ans les boutiques ésotériques. «Ce que j'ai vu maintes fois ce sont des gens qui sont désespérément à la recherche de contacts avec quelqu'un de mort», souligne-t-elle.
Or, le deuil est aujourd'hui sacrifié sur l'autel de la productivité, affirme la chercheuse.
«Les gens se sentent trahis par la société qui ne donne pas le temps de vivre le deuil, estime-t-elle. Le coût émotionnel à cela est intense.»