1,7 million de ménages sont en « besoins impérieux en matière de logement », ce qui signifie qu’ils dépensent plus du tiers de leur revenu avant impôt pour un logement qui n’est pas conforme à au moins une des normes d’acceptabilité.

La stratégie canadienne sur le logement sera dévoilée cette semaine

Ceux qui luttent pour avoir un toit au-dessus de leurs têtes sauront, plus tard cette semaine, comment le gouvernement canadien répondra à la demande grandissante pour des logements abordables.

Les détails entourant la stratégie canadienne sur le logement sont jalousement protégés, mais des sources au fait du plan indiquent que le gouvernement encouragera la construction de davantage d’unités de logements abordables, élaborera de nouveaux programmes de financement pour les fournisseurs de logements, et offrira un soutien pour ceux qui louent des logements sur le marché privé.

Alors que de plus en plus de Canadiens ont de la difficulté à payer leurs loyers, les fournisseurs de logements et les organismes espèrent que le plan gouvernemental fournira une réponse à cet enjeu.

De nouvelles données dévoilées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement indiquent que 1,7 million de ménages sont en « besoins impérieux en matière de logement », ce qui signifie qu’ils dépensent plus du tiers de leur revenu avant impôt pour un logement qui n’est pas conforme à au moins une des normes d’acceptabilité (qualité, taille et abordabilité).

Le gouvernement espère que la construction de 80 000 nouvelles unités de logement abordable, jumelée à des investissements de 25 milliards $ provenant du public et du privé au cours de la prochaine décennie, diminuera le fardeau pour 500 000 de ces familles et permettra à 500 000 autres ménages d’éviter de se retrouver en situation précaire.

« Il n’y a pas de solution miracle ici et il n’y a pas assez d’argent en jeu pour résoudre complètement la crise du logement, mais il devrait y avoir suffisamment d’argent pour faire une différence significative », a tranché Tim Richter, le pdg de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance.

« Il sera important de voir comment l’argent sera dépensé. »

Mercredi, une coalition pancanadienne de groupes de défense du droit au logement manifestera dans tout le pays.

Des militants du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) se rassembleront à Québec, à Rimouski, à Rouyn-Noranda, à Sherbrooke et à Montréal pour demander de nouveaux engagements financiers.

« Si la Stratégie ne va pas plus loin (que le dernier budget), d’ici les prochaines élections générales, le Québec ne recevra pas plus de 70 millions $ par année, ce qui est largement insuffisant et à peine plus que sous les conservateurs », explique la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme.

Le plan devrait inclure un supplément pour le logement que les locataires pourront utiliser sur le marché locatif privé, un changement radical pour un programme fédéral.

Des sources affirment que la stratégie s’assurera également que des milliers d’unités conservent leur subvention dans les prochaines années — une demande cruciale formulée par plusieurs municipalités, qui espèrent également que de l’argent frais sera consenti pour la rénovation d’unités d’habitation abordables déjà existantes.

Des responsables gouvernementaux ont, pour leur part, affirmé que le plan présentera le logement comme un droit humain.