La succursale de Sainte-Foy pourra demeurer ouverte jusqu’à la fin de son bail, selon le projet de loi du gouvernement Legault. Elle devra ensuite déménager, puisqu’elle se retrouve à 250 mètres d’un cégep.

La SQDC reprend ses marteaux

Maintenant que le gouvernement a mis sur papier ses intentions avec le dépôt du projet de loi entourant la marijuana, la Société québécoise du cannabis (SQDC) redémarre son chantier pour le déploiement de ses succursales à travers la province. Elle est aussi à la recherche de nouveaux fournisseurs de cannabis pour remplir ses tablettes.

En octobre dernier, en raison du changement de gouvernement, la direction de la SQDC avait choisi de mettre sur la glace ses projets d’expansion. Elle souhaitait mieux connaître les directives des troupes de François Legault afin d’éviter des «dépenses inutiles».

Initialement, l’objectif de la SQDC était de posséder un réseau d’au moins une vingtaine de succursales à la fin du mois de novembre. Et environ 80, d’ici 2021. Aujourd’hui, le nombre de points de vente est toujours à 12, mais avec le dépôt du projet de loi, la SQDC estime qu’elle peut poursuivre son boulot et signer à nouveau des baux.

Toutefois, pour les prochains mois, la société d’État souhaite réaliser un «déploiement prudent». Elle refuse pour le moment de s’avancer sur le nombre de succursales qui ouvriront leurs portes. Elle regarde toujours du côté du Saguenay, de Gatineau et de Sherbrooke. Des baux devraient être signés au cours des prochaines semaines.

«Pour l’instant, nous évaluons les impacts que cela va avoir sur le déploiement de notre réseau. […] On va suivre le cheminement du projet de loi et nous allons demeurer prudents dans notre déploiement», indique au Soleil le porte-parole de la SQDC, Mathieu Gaudreault.

«On regarde un peu partout. Il y a une volonté d’avoir une présence régionale dans l’ensemble du Québec. Il y a l’Outaouais, le Saguenay, l’Estrie. Il y aura également l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et la Gaspésie. Nous sommes conscients que nous ne sommes pas capables de desservir le Québec avec 12 succursales. Notre enjeu d’approvisionnement devrait se régler d’ici la fin du premier trimestre [2019-2020]», poursuit-il.

Fournisseurs recherchés

Pour régler son problème d’approvisionnement, la SQDC a notamment publié au cours des derniers jours sur son site Web un «appel de produits» pour dénicher rapidement de nouveaux fournisseurs de cannabis.

«Du 29 novembre au 21 décembre 2018, la SQDC déploie la deuxième phase de sa stratégie d’approvisionnement en procédant à un appel de produits de fleurs séchées, d’huiles, de gélules et de préroulés», peut-on lire. «Les fournisseurs/producteurs intéressés à répondre à cet appel de produits doivent détenir les autorisations de Santé Canada requises [ou être en attente d’obtention], ajoute-t-on. Ce qui ouvre la porte à de nouveaux joueurs.

Quant à la succursale de Sainte-Foy, qui est située à proximité d’établissements scolaires, elle pourra demeurer ouverte jusqu’à la fin de son bail, selon le projet de loi. Elle devra par la suite déménager ses pénates puisqu’elle se retrouve à 250 mètres d’un cégep. Jusqu’à présent, il n’y avait aucune indication dans la loi concernant la distance pour les cégeps et les universités.

On peut penser que le fait d’attendre la fin du bail avant de fermer boutique permettra à la SQDC d’éviter de payer des pénalités financières pour mettre un terme au contrat.

Le projet de loi du gouvernement Legault a été déposé, mercredi, à l’Assemblée nationale et l’objectif est de le faire adopter cet hiver. L’âge minimal pour acheter légalement du cannabis devrait aussi passer de 18 à 21 ans. Rappelons qu’il s’agissait d’une promesse électorale de la Coalition avenir Québec.

La mise en place du réseau de succursales de la SQDC a coûté jusqu’à présent 7,2 millions $.