La SPCA met en garde les gens qui vont en ligne pour adopter des chats.

La SPCA de l'Outaouais veut décourager l'adoption de chats sur Internet

Confrontée à la vente d’animaux de compagnie sur les Facebook et Kijiji de ce monde à des prix parfois dérisoires, en particulier les chats, la SPCA de l’Outaouais est passée en mode offensive avec son service d’adoption.

Depuis la mi-juin et ce pour le reste de la saison estivale, le coût pour adopter un chat adulte est réduit de plus de 60 %, étant fixé à 75 $ plutôt qu’à 195 $.

Une stratégie, dont l’objectif ultime est de sauver plus de vies et de réduire le nombre d’euthanasies, qui porte visiblement ses fruits jusqu’à maintenant. En date de vendredi, 92 petits félins avaient trouvé preneur au refuge de la rue de Varennes, dans le secteur Gatineau.

La directrice générale, France Dubois, souligne que la vente en ligne est un défi en soi pour l’organisme créé en 1984, qui ne faisait pas face à une telle concurrence il y a quelques années à peine.

Même si le prix peut sembler alléchant, elle précise qu’il faut toujours avoir un certain niveau de méfiance par rapport à l’achat d’animaux sur le web. Il faut résister à la tentation lorsqu’un doute s’installe, entre autres sur la provenance de l’animal, ajoute-t-elle.

« C’est inquiétant parce que ce sont des adoptions sans sensibilisation au niveau de la stérilisation, de la responsabilisation, etc. C’est souvent fait rapidement. Les gens qui ont le choix entre adopter un animal gratuitement sur Kijiji ou à 200 $ à la SPCA, ils ne font pas la mathématique. Ils ne commenceront pas à sortir le fichier Excel et dire qu’en bout de ligne, ça leur revient moins cher à la SPCA », note-t-elle.

Mme Dubois précise que les gens qui achèteront un chat non-stérilisé en ligne devront tôt ou tard rendre visite au vétérinaire et débourser plus de 200 $ pour la chirurgie et l’examen. À l’inverse, dit-elle, le tarif de la SPCA inclut la stérilisation, une micropuce, les vaccins, le vermifuge, des conseils et même de la nourriture.

« Donc à 75 $ c’est sûr qu’on ne fait pas d’argent, ce n’est pas le but. On en ressent déjà les impacts (de cette stratégie). En temps normal, le nombre de chats adultes porte à stagner et on doit souvent en transférer dans des animaleries pour aider un peu », lance la gestionnaire, satisfaite que la population ait jusqu’ici répondu favorablement à cette offre.

Le taux de roulement avec les chiens étant très bon, on n’a pas jugé bon de mettre en place une telle initiative dans leur cas.

Déménagement et abandons

À l’approche du 1er juillet, jour le plus populaire pour les déménagements, la SPCA de l’Outaouais tape sur le même clou que par le passé : elle souhaite que le moins de gens possible abandonnent leur animal.

« Avec la sensibilisation année après année, on constate que les gens prennent ça plus au sérieux, même s’il y en aura probablement toujours. Souvent, les gens qui vont quand même emménager avec leur animal même s’ils n’ont pas le droit d’en avoir. Ça va durer quatre, cinq, six semaines et ils sont ensuite forcés de s’en départir. Les gens attendent au lieu d’être proactifs et essayer d’éviter cela en trouvant une entente avec leur propriétaire, par exemple », soutient France Dubois.

Elle ajoute que les propriétaires de logements font preuve d’une plus grande ouverture qu’avant face aux animaux, surtout les chats.

Par ailleurs, alors que Gatineau traverse une des pires pénuries de logements de son histoire, avec un taux d’inoccupation d’un peu plus de 1 %, la SPCA ne croit pas qu’elle en subira les contrecoups au chapitre des abandons.

Rappelons qu’après une année de pause, l’organisation a déployé une douzaine d’agents de recensement sur le terrain pour cogner aux quelque 112 000 portes de Gatineau d’ici la mi-octobre. L’objectif est de sensibiliser les gens au rôle joué par la SPCA faire respecter la réglementation municipale concernant les licences pour chats et chiens, la principale source de financement pour l’organisme.

L’an dernier, la SPCA a cumulé 150 000 $ en moins dans ses coffres en raison de l’important nombre de citoyens n’ayant pas renouvelé cette licence.