Matthew, Melanie et bébé Violet Sanderson ont participé, à titre de bénévoles, à la journée d'entaillage des érables de la cabane à sucre de Vanier.

La saison des sucres est lancée

Signe que le printemps n’est finalement pas si éloigné: la journée d’entaillage des érables de la cabane à sucre de Vanier a bien eu lieu ce samedi, en présence de près de 80 citoyens bénévoles devenus, pour l’occasion, des «entailleurs» sous la direction et l’oeil averti de l’acériculteur Marc Madore.

Près de 600 entailles ont donc été effectuées, samedi, sur des érables mûrs et en santé parmi les quelque 2000 arbres qui composent ce joli terrain de 17,5 acres appartenant à la Ville d’Ottawa.

Si tout va bien et si la météo le permet, les érables devraient commencer à couler dans près de 15 jours. 

«Les bonnes journées, confie l’acériculteur Marc Madore, on peut recueillir jusqu’à 1200 gallons de sève». 

Une saison complète peut permettre de gérer près de 24 000 litres d’eau d’érable recueillie dans les seaux accrochés aux arbres; ce qui devrait nous donner environ 600 litres de bon sirop d’érable du terroir que l’on pourra ensuite déguster sur place au resto du domaine. 

On ne le dira jamais assez: la cabane de Vanier est la seule cabane à sucre répertoriée dans le monde à être située dans une érablière en plein cœur d’une ville et à y produire traditionnellement son sirop.

Aurélie Marié, directrice du marketing et des communications au Muséoparc Vanier, insiste : «Y a beaucoup de cabanes à sucre qui prennent le nom de cabane à sucre urbaine parce qu’il y a un restaurant qui y sert des déjeuners traditionnels, mais ici, on est dans une vraie cabane dans une érablière, en plein coeur de la ville, et on produit notre sirop d’érable, ici à Ottawa.»

Une vieille tradition

La première cabane à sucre a été construite dans les années 40 dans la forêt Richelieu par les Pères Blancs. Après leur départ dans les années 70, le groupe Action Vanier a reconstruit une cabane au même emplacement que l’ancienne. La cabane à sucre actuelle a été inaugurée en 1998.

Ici, la saison des sucres commence toujours près de deux semaines avant celle des cabanes à sucre commerciales des campagnes et banlieues parce qu’on est en milieu urbain, une zone légèrement moins froide qu’en région.

Les érables couleront ici pendant environ un bon mois. «Pour bien couler, on souhaite un mercure oscillant entre +5 Celsius le jour et -5C la nuit», confie Marc Madore.

En ce samedi tempéré, outre les citoyens bénévoles présents, le conseiller municipal Mathieu Fleury, la députée fédérale Mona Fortier, la ministre provinciale Nathalie Des Rosiers et le maire Jim Watson ont officiellement lancé la saison des sucres à Ottawa.

Le public peut désormais arpenter les lieux et goûter, pour l’instant, à la récolte de sirop de l’an passé, avant que celle de cette année ne soit prête. 

La cabane sera ouverte les week-ends au public jusqu’au 29 avril et sur semaine, pour les groupes qui réservent.

Du 3 au 8 avril, le Festival des sucres y battra son plein, sous la direction artistique de Marcel Aymar, avec de la musique autochtone, traditionnelle et de la relève locale. 

Le maire Jim Watson s'amuse aux dépends du conseiller municipal Mathieu Fleury, au lancement de la saison des sucres à Ottawa.