Même si il n'y a pas lieu de s'alarmer pour l'instant, certains préfèrent demeurer vigilants.

La rivière surveillée de près

Un an presque jour pour jour après le début des inondations historiques dans la région, le niveau d’eau dans le secteur Aylmer est sous étroite surveillance alors que de la pluie est prévue dans les 48 prochaines heures.

En fin de soirée mardi, le niveau de la rivière des Outaouais à la hauteur du parc Britannia (59,26 mètres au-dessus du niveau de la mer) était à trois centimètres d’atteindre le seuil d’alerte, une situation qui a amené la Ville de Gatineau à mettre plusieurs centaines de sacs de sable à la disposition de 27 résidents du chemin Fraser, lesquels sont ciblés en priorité au cas où le cours d’eau sortirait de son lit. Ces derniers doivent se les procurer au parc Louis-Roy, munis d’une preuve de résidence.

Lors du passage du Droit, des pompiers du Service de sécurité incendie de Gatineau faisaient du porte-à-porte pour informer les citoyens riverains visés. 

La Ville, qui tient à dire qu’il n’y a pour l’instant pas lieu de s’alerter face à cette crue printanière, surveille malgré tout la situation de près car le seuil de risque d’inondation mineure s’établit à 59,42 mètres. 

« C’est une zone 0-2 ans, alors ce sont des situations que les citoyens vivent quasi annuellement en période de crues. Il n’y a rien de très inquiétant, sauf qu’on se prépare, considérant les précipitations annoncées et le fait qu’on devrait atteindre ce seuil. Beaucoup de terrains bordent la rivière dans le secteur Wychwood, alors on pourrait hausser le nombre de résidences ciblées à 88 », de dire le directeur des communications de la Ville de Gatineau, Jean Boileau. 

Rencontrée en soirée mardi, une résidente du chemin Fraser qui a voulu conserver l’anonymat a indiqué qu’elle n’était pas pour l’instant très inquiète par rapport au niveau d’eau derrière sa propriété. Par contre, elle sait à quel point la situation peut changer rapidement selon divers facteurs, elle qui a vécu les inondations de l’an passé.

« En 2017, nos pompes ont commencé à fonctionner dès le 13 avril. C’était l’enfer. En 36 ans ici, c’était la première fois que nous vivions une situation de cette ampleur. Il y avait quatre pieds d’eau au sous-sol, la génératrice a arrêté et on a dû quitter la maison durant neuf jours. [...] Cette fois, c’est une crue tardive. Mais disons qu’avec notre expérience de l’an dernier, on va toujours être en mode nervosité. On ne sait jamais ce que Dame nature nous réserve », a-t-elle raconté, pointant du doigt son entrée de cour qui était à demi submergée. 

Selon a Viille de Gatineau, les niveaux d’eau sont bas et il n’y a pas de risque de débordement à considérer à l’heure actuelle.

Ailleurs sur le territoire gatinois, les niveaux d’eau sont bas et il n’y a pas de risque à considérer à l’heure actuelle, selon la Ville.

Dans le secteur Masson-Angers, par exemple, le niveau est à 42,03 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit 97 cm de moins que le seuil considéré à risque d’inondation mineure. De quoi soulager les résidents durement affectés en 2017, le niveau d’eau de la rivière Gatineau ne suscite aussi aucune inquiétude en bordure de la rue Jacques-Cartier. Celui-ci atteignait 42,66 mètres mardi soir, tandis que le seuil de risque d’inondation s’établit à 43,60 mètres.

« La situation est totalement différente de l’an dernier. Il n’y a pas de panique à avoir », ajoute M. Boileau. 

Pour s’informer quotidiennement sur la crue printanière, les citoyens sont invités à consulter gatineau.ca/crue. 

À Ottawa, rien n’est à signaler mais la Ville indique surveiller la situation de près dans les secteurs ayant été touchés par des inondations dans le passé. Un important épisode de pluie pourrait changer la donne, dit-on.