Le Dr Guy Morissette prendra sa retraite du CISSSO au printemps 2018.

La retraite pour le Dr Guy Morissette

Trente ans après avoir fait ses premières armes dans l’administration du réseau de la santé de l’Outaouais, le Dr Guy Morissette laissera sa place au suivant, le printemps prochain.

Actuellement directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le Dr Morissette est un visage bien connu dans la région. Médecin de famille depuis près de 38 ans, il a occupé divers postes de direction au fil des ans, voyant défiler bon nombres de sigles, du CHRO au CISSSO, en passant par le CHVO et le CSSSG.

Il aura ensuite été directeur des affaires médicales, puis président-directeur général de la défunte Agence de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, et agit aussi à titre de coroner depuis 1989.

À 61 ans, le principal intéressé assure que sa décision est «réfléchie». En 2013, il avait laissé une première fois l’administration pour retourner à la pratique médicale. Son absence n’avait pas été très longue, puisqu’il a joué en rôle de conseiller, au début 2015, lors de la mise sous tutelle de l’ancien Centre de santé et de services sociaux de Gatineau.

Le Dr Morissette a voulu s’embarquer dans l’aventure du CISSSO parce qu’il s’agissait d’un «très beau défi». «J’avais décrié pendant plusieurs années les trois paliers et la difficulté de ne pas avoir une voix commune, alors je trouvais que c’était une opportunité incroyable», dit-il. Il s’était engagé à oeuvrer au CISSSO pendant trois ans, ce qui sera le cas le jour de son départ, le 31 mars prochain.

Le Dr Morissette se dit fier d’avoir contribué à l’obtention du statut particulier pour l’Outaouais, en 2007, et au lancement du Campus Santé Outaouais, base de la future faculté satellite de médecine de la région.

D’autres moments ont été moins évidents. La controverse sur la disparition des primes particulières consenties aux infirmières de la région, en 2011, fait partie des «périodes difficiles». Plus récemment, les rapports de coroners faisant état de décès «évitables» en Outaouais ont aussi affecté le Dr Morissette, parce «la population se fait une idée des services qu’on donne à travers ces situations-là». «C’est assez difficile, parce qu’en même temps, je sais aussi qu’il y a des milliers d’autres services qui sont donnés de façon correcte», souligne-t-il.

Celui qui a fait ses débuts en tant que préposé aux bénéficiaires à l’Hôpital de Hull en 1973 «parce qu’il y avait un débordement dans les urgences» est devenu médecin – comme son défunt père – en 1979. Malgré son départ de l’administration du CISSSO, il continuera de voir ses quelque 500 patients, le temps d’assurer une «transition» vers un autre médecin.

Il poursuivra aussi son mandat au conseil d’administration du Collège des médecins du Québec, et ne fait pas une croix sur le travail de coroner. Il renonce toutefois d’ores et déjà à faire un jour le saut en politique.

«Je vais certainement trouver une façon de contribuer, peut-être, à des décisions politiques, mais de la politique comme tel, non, je ne veux pas m’embarquer là-dedans», a-t-il confié. Sa retraite à titre d’administrateur lui laissera également plus de temps pour voir grandir ses petits-enfants, espère-t-il.

Pour ceux qui continueront à diriger le réseau, le Dr Morissette estime que l’accès aux soins de première ligne demeurera un enjeu, tout comme «la collaboration interprofessionnelle» afin que le patient soit «au centre» des décisions.

Le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, a de son côté tenu à remercier le Dr Morissette, «une personne d’une valeur inestimable».