Pour certains refuge pour sans-abri de la région, il serait impossible de garder d’éventuels itinérants en quarantaine advenant une explosion de la COVID-19 au sein de ce type de clientèle.

La quarantaine serait impossible au Gîte Ami

Le Gîte Ami se dit incapable de garder d’éventuels itinérants en quarantaine advenant une éclosion de cas de COVID-19 au sein de la clientèle itinérante de Gatineau.

La directrice de l’organisme, Lise Paradis, précise que le personnel et les bénévoles multiplient les interventions auprès des itinérants afin de les sensibiliser à l’importance de se laver les mains et de limiter les contacts physiques en cette période de pandémie.

« Nous avons des chambres individuelles pour les cas particuliers (santé mentale), mais on sait bien qu’on ne peut envoyer les gens malades à la maison », affirme Mme Paradis.

Les autorités sanitaires demandent aux refuges pour sans-abri d’aménager une « zone de quarantaine » afin de limiter une éventuelle propagation. « C’est impossible pour nous de faire cela », dit la directrice.

Le Gîte Ami, sur la rue Morin dans le secteur Hull, n’est même pas fonctionnel à 100 % depuis la série d’incendies criminels de cet hiver. Le personnel et la clientèle accueillis d’urgence au Centre communautaire Fontaine sont revenus dans leurs locaux le 10 février dernier.

Les installations ne sont pas toutes réparées.

« On jongle avec 60 personnes, dit Mme Paradis. On a seulement trois toilettes et une douche. Puis on ne peut qu’avoir deux intervenants sur les quarts de travail. C’est très peu. On doit ajouter un gardien de sécurité pour nous aider. »

Le Gîte a de plus retiré la moitié des chaises de sa salle communautaire, afin d’élargir les espaces personnels. L’équipe du Gîte a conçu des pictogrammes pour expliquer avec des illustrations comment bien se laver les mains, tousser dans son coude et limiter la propagation du virus.

« On pense à désinstaller une buvette pour acheminer un tuyau d’eau chaude, et ainsi permettre à plus de gens de se laver les mains. »

Le confinement volontaire peut s’avérer difficile avec une clientèle aussi vulnérable. « Certains veulent sortir pour fumer une cigarette, et dans d’autres cas, c’est impossible d’expliquer les règles de salubrité à une personne en psychose. »

Le Gîte doit respecter à la lettre les nouvelles exigences gouvernementales. La direction ne peut pas accepter plus de 60 personnes. « Pas un de plus. On doit aussi penser à la sécurité de notre personnel, car sinon, les employés ne voudront plus venir travailler, mentionne la directrice. Cette équipe fait preuve d’une forte résilience. »

Selon Lise Paradis, la majorité des résidents comprennent que l’heure est grave, et collaborent avec les intervenants. La direction du Gîte Ami doit par ailleurs se réunir avec des représentants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, ce mercredi.

La direction du refuge Les Bergers de l’espoir, à Ottawa, n’a pas rendu nos appels, mardi.