Johanne Légaré, présidente de la CSPO
Johanne Légaré, présidente de la CSPO

La présidente de la CSPO s’excuse

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
La présidente de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaousais (CSPO), Johanne Légaré, a tenu « à se rétracter publiquement » après avoir été accusée d’avoir porté atteinte au « droit fondamental à la liberté d’expression » d’un commissaire s’étant prononcé sur un dossier touchant sa circonscription.

À la fin septembre, onze élus de la CSPO avaient uni leurs voix pour dénoncer la diffusion d’un communiqué de presse de la CSPO dans lequel Mme Légaré disait vouloir « se dissocier » des propos du commissaire Réjean Desjardins. La CSPO n’avait visiblement pas digéré que M. Desjardins ait envoyé aux médias, une semaine plus tôt, un communiqué dans lequel il se disait « déçu que le ministère de l’Éducation n’ait pas retenu le projet d’agrandissement » de l’un des immeubles de l’école Au-Coeur-des-Collines de La Pêche.

La CSPO avait réagi en déclarant que « les seuls porte-paroles officiels de la CSPO sont la présidente et le directeur général, à moins que ces derniers ne délèguent ce rôle ». La CSPO ajoutait qu’« en faisant parvenir un communiqué de presse, M. Desjardins a contrevenu à son devoir de réserve, de collégialité et de loyauté ».

Les onze commissaires ayant dénoncé cette sortie publique estimaient que « la CSPO semble vouloir établir que la participation des commissaires sur la place publique n’est aucunement permise à moins d’avoir une permission préalable de la part de nos porte-paroles », et assuraient qu’en tant qu’élus, ils ne perdaient « aucunement [leur] droit fondamental à la liberté d’expression, et ce en tout temps ».

La rétraction formelle de Mme Légaré est arrivée par voie de communiqué mercredi avant-midi, soit quelques heures avant une rencontre du conseil des commissaires.

« [Mme Légaré] admet qu’elle aurait dû consulter les membres de son conseil avant de publier un tel communiqué et s’en excuse, lit-on dans le document. La présidente reconnaît que les questionnements soulevés par les commissaires sont compréhensibles et elle désire préciser qu’elle n’a jamais eu l’intention d’entraver la liberté d’expression inhérente à la fonction de commissaire. »

L’organisme précise qu’une « rencontre » au cours de laquelle les commissaires « ont longuement échangé » a eu lieu, et qu’ils sont maintenant « confiants de pouvoir travailler en synergie pour la mission première de la CSPO, soit la réussite des élèves ».