Une frappe conjointe de la Police provinciale de l’Ontario, de la Police d’Ottawa et de la police de Gatineau a permis de faire une saisie spectaculaire.

La police frappe un grand coup

Un Ottavien d’origine indienne luttant pour être reconnu comme Canadien à part entière parce qu’il est né au pays, vient d’être arrêté sous 83 chefs d’accusation liés au trafic d’armes.
Des milliers de comprimés de métamphétamine ont été saisis. La drogue était frappée du logo du Canadien de Montréal

Deepan Budlakoti, 28 ans, fait partie des sept accusés du projet Landslide de la Police provinciale de l’Ontario (PPO), du Service de police d’Ottawa (SPO), et du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG).

Pendant l’enquête qui a duré six mois, un agent double a, entre autres, acheté une AK-47, arme mondialement reconnue pour ses qualités meurtrières.

D’autres armes de très gros calibre, une grande quantité de drogue et une somme d’argent considérable ont été saisies.

Le surintendant en chef de la PPO, John Sullivan, a montré la AK-47 au chargeur à grande capacité, rajoutant qu’elle avait fait l’objet d’une transaction, près de la colline Parlementaire, le 30 juin, « à la veille de la plus grande fête de l’année (fête du Canada), dehors, dans la rue ».

« Cette arme n’est pas faite pour aller à la chasse. C’est préoccupant, même si on ne peut pas dire si ce type d’arme devait servir à une tuerie de masse », a ajouté le représentant de la PPO.

Les nombreuses armes présentées mercredi matin à la presse servaient à intimider, à infliger des blessures ou à tuer.

Le projet Landslide a aussi mené à la saisie d’armes telles que AR-15, SKS semi-automatique, UZI, ainsi que des armes de poing, des munitions et des chargeurs à grande capacité. Sur la table, les forces policières ont exposé un poing américain, et une sorte de bâton de baseball miniature muni de « pics » de bois.

De la cocaïne, des milliers de comprimés de métamphétamine marqués du logo du Canadien de Montréal, et de la marijuana, d’une valeur estimée à 1,7 million $, font aussi l’objet de la rafle.

Considéré comme une « clé » dans cette enquête, Deepan Budlakoti a déjà fait parler de lui, des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Il est né en 1989 de parents qui travaillaient alors au haut-commissariat de l’Inde à Ottawa. Il a détenu temporairement un passeport du Canada, mais s’est retrouvé sans statut officiel, il y a quelques années.

Le fédéral a tenté de l’expulser du pays à sa sortie de prison, en 2013, mais M. Budlakoti a tenté de faire reconnaître son statut canadien.

Coincé entre deux pays qui ne le reconnaissent pas comme un des siens, M. Budlakoti ne peut occuper un emploi régulier. Les employeurs demandent des papiers officiels qui ne sont jamais disponibles.

En 2016, il disait à un juge de Gatineau qu’il faisait le trafic de drogue pour survivre et « payer ses factures ».

Le groupe de sept personnes arrêtées cette semaine est composé de « plusieurs indépendants qui travaillent ensemble », selon le surintendant Sullivan.

Ce type d’arme obtenue criminellement provient à 60 % de l’Ontario, et 40 % des États-Unis, ont indiqué les représentants des corps policiers ontariens. La proportion entre le Québec et les États-Unis est la même, constate l’inspecteur aux Affaires criminelles du SPVG, Marc Leduc.

AU BANC DES ACCUSÉS

  • Deepan Budlakoti, 28 ans, d’Ottawa. 83 accusations
  • Marco Dubien, 27 ans, de Gatineau. 37 accusations
  • Youssef Jouma, 38 ans, Clarence-Rockland. 4 accusations
  • Nicklas Martin, 23 ans, Clarence-Rockland. 6 accusations
  • Matt Mercier, 29 ans, Clarence-Rockland. 8 accusations
  • Léopold Mercier, 64 ans, Clarence-Rockland. 38 accusations
  • Marianne Mercier, 62 ans, Clarence-Rockland, 31 accusations