Le directeur général du Cégep de l'Outaouais, Frédéric Poulin.

La pertinence dans la chaîne de l'innovation

Québec et Ottawa ont confirmé, jeudi, leur participation financière dans la construction d'un incubateur d'entreprises au Cégep de l'Outaouais qui permettra à l'institution d'enseignement de s'ouvrir sur la communauté et sur le milieu entrepreneurial.
Tel que Le Droit l'annonçait dans son édition de mercredi, le financement de 1,275 million $ servira à la construction d'un nouveau bâtiment de deux étages totalisant 2000 pieds carrés au campus Gabrielle-Roy du Cégep de l'Outaouais. Le gouvernement du Canada investit la somme de 600 000 $, alors que Québec verse 675 000 $. 
François Perron, professeur en génie électrique au Cégep de l'Outaouais, a été libéré de ses fonctions habituelles par la direction de l'établissement pour mener à bien le projet d'incubateur. Il dit sentir un « vent de changement » dans la région pour développer une culture entrepreneuriale. « Il y a beaucoup d'efforts présentement pour transformer les idées en emplois, dit-il. Nous ne sommes pas le premier incubateur dans la région, il faudra faire attention à la position que nous adopterons. Nous allons nous assurer d'être pertinents dans la chaîne d'innovation locale. »
L'Outaouais n'a pas toujours été un terrain fertile pour l'entrepreneuriat, a rappelé la députée de Hull, Maryse Gaudreault. « Mais un projet comme celui qu'on annonce aujourd'hui est de nature à renverser la vapeur, a-t-elle lancé. C'est une initiative qui va créer un écosystème en matière d'innovation. » Le député fédéral de Hull-Aylmer, Gerg Fergus, a renchéri en affirmant que cet incubateur allait « transformer les idées en solutions et les sciences en technologies ». 
La ministre de la Justice et responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, a indiqué que l'incubateur du Cégep allait pouvoir se démarquer des autres déjà existants grâce à « la force de la mise en commun de l'expertise de l'équipe professorale ». Le directeur général du Cégep, Frédéric Poulin a souligné qu'il n'y avait aucune autre institution dans la région qui bénéficiait d'une basse de 4000 à 5000 jeunes entrepreneurs potentiels, d'une équipe de 400 à 500 professeurs et spécialistes dans des domaines pointus et d'autant d'équipements technologiques.
Ce dernier admet être déjà à pied d'oeuvre pour tenter d'avoir maintenant accès à de nouvelles subventions pour de la recherche et du développement. « En 2013, nous étions dans le top 50 des collèges ayant reçu le plus de fonds de recherche, dit-il. On veut en avoir plus avec cet incubateur. C'est certainement un tremplin pour avoir accès à d'autres enveloppes et surtout à de plus gros montants. »
À cet effet, la ministre Vallée est demeurée vague pour l'instant, affirmant qu'il faut d'abord construire l'incubateur.