La pêche à la journée est possible au Québec, tout en respectant une distance de deux mètres entre chaque personne.
La pêche à la journée est possible au Québec, tout en respectant une distance de deux mètres entre chaque personne.

La pêche en Outaouais: petits pas vers l’appât

La quête du nouvel appât de pêche pour la saison de pêche 2020 n’a rien de miraculeux pour les boutiques spécialisées. Les mordus s’y rendent, mais on ne saurait parler d’une véritable ruée d’amateurs depuis la réouverture partielle des activités de pêche sportive par Québec et Queen’s Park.

La pêche à la journée est chose du possible au Québec, alors que le gouvernement ontarien permet depuis cette semaine l’accès aux rampes de mise à l’eau et aux marinas. Dans les deux provinces, les autorités répètent que l’activité doit être pratiquée en respectant une distance de deux mètres entre chaque personne, si celles-ci ne résident pas à la même adresse.

« Ce n’est pas la folie », lance le propriétaire de Technique Chasse & Pêche à Gatineau, Daniel Benoit.

De l’autre côté de la rivière, Mathieu Lafleur est au moins satisfait de voir le mois d’avril loin derrière lui. « Ç’a été horrible », dit sèchement le propriétaire de Pronature Rockland, dans l’Est ontarien. « Ce n’est vraiment pas comparable aux autres années. »

Le déconfinement progressif a permis aux deux propriétaires de retrouver une partie de leur chiffre d’affaires habituel. « J’espère que ça va se replacer, indique M. Lafleur. Je ne pense pas que ça va repartir en fou. Les gens plus âgés sont peut-être plus craintifs, ils vont peut-être garder ce qu’ils ont cette année sans trop acheter de matériel neuf. »


« Ce n’est pas la folie. »
Daniel Benoit

L’économie ralentie, les pertes d’emploi et l’interdiction pour l’industrie de fournir de l’hébergement en pourvoirie freinent aussi l’achat d’équipements.

« Certains ont peur, mais d’autres ont bien hâte de sortir, dit M. Benoit. L’ouverture de la pêche à la journée aide un peu. Puis dans l’esprit des gens, c’est bien clair qu’il y a de nouvelles règles (sanitaires) à respecter. Ceux qui viennent à la boutique sont enthousiastes d’y aller ! »

Si les boutiques ne battent pas de records de ventes en ce printemps tardif, M. Lafleur observe qu’au moins une marchandise se vend bien. « Je n’ai jamais autant vendu de vers de terre ! Le monde va à la pêche à la barbotte, ou va pêcher quelques heures près de chez eux ! On en vend deux fois plus ! »

La boutique de Rockland a par ailleurs forcé la note pour transformer son site Internet dédié à sa promotion pour en faire un site permettant des transactions en ligne.

Le propriétaire de Technique Chasse & Pêche, à Gatineau, Daniel Benoit

Moins de permis

En Ontario, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts (MRNF) a délivré environ 35 000 permis de pêche de moins qu’en 2017.

Cette année, entre le 2 décembre et le 30 avril, le MRNF a vendu 236 215 permis, par rapport à 270 879 en 2017.

Selon le ministère, plusieurs facteurs expliquent cette tendance, incluant les mesures sanitaires liées à la COVID-19. Le ministère précise que le printemps tardif a aussi ralenti les ardeurs des pêcheurs. « Le changement des températures, ces derniers jours, pourrait nous donner des données plus précises à la fin du mois de mai », a précisé la porte-parole du ministère, Jolanta Kowalski.