La tatoueuse Elle SD était à Gatineau dans le cadre de la Tattoo Expo, au Hilton Lac-Leamy.

La peau comme un roman

Tatouages, implants, piercing, cornes sous-cutanées au crâne, lobes d’oreilles allongés... la tête de Dave Z James, artiste-tatoueur français est saisissante. « Je suis un adepte de la modification corporelle », reconnait-il sans ambages.

Il parcourt le monde, de congrès en expositions, pour faire connaître sa technique, l’enseigner aux autres et peindre des peaux, mais aussi pour défendre cet art millénaire.

« Moi, je milite depuis des années pour que le tatouage soit reconnu comme un art. Aujourd’hui, on est considéré comme des prestataires de services, alors que les gens qui sont là sont des artistes, autant que les peintres. »

Dave s’est arrêté à Gatineau ce week-end dans le cadre de la Ottawa/Gatineau Tattoo Expo, au Hilton Lac-Leamy, une grande fête annuelle qui célèbre les tatoueurs et leur passion encrée.

C’est la neuvième édition de ce rendez-vous incontournable où maîtres-tatoueurs et leurs fans et clients se rencontrent pour échanger des idées et s’offrir des sessions d’injections d’encre. L’organisateur de l’événement, Richard Lévesque, attendait entre 1500 et 2500 visiteurs. Près de 250 tatoueurs se sont inscrits. 

L’exorcisée Linda Blair à Gatineau

Cette année, un concours de tatouage autour du thème des grands personnages de l’horreur s’y déroule. On y dévoilé le gagnant du meilleur tatouage, dimanche soir, en présence de l’actrice Linda Blair, la fameuse comédienne du film culte L’Exorciste. Maintenant âgée de 58 ans, l’ancienne enfant-star, qui a connu une vie personnelle et professionnelle plutôt agitée, était calmement assise à un kiosque et attendait poliment que des visiteurs la saluent. Elle arrivait de Californie et passait un week-end glacial à Gatineau.

Près de 250 tatoueurs se sont inscrits.

Un autre concours récompensait plutôt l’artiste ayant réussi le tatouage le plus réaliste.

Tous ces maîtres de l’encre arrivaient d’Europe, des États-Unis et du Canada. Ce sont les Kyle Dunbar, Jason Clay Dunn, Walter « Sausage » Frank, Gian Karle Cruz, Sarah Miller et Picasso Dular; toutes des figures respectées dans ce milieu particulier. 

Dave Z James était occupé ce week-end : 

« Je suis sur une grosse pièce en fin de semaine: un dos complet. [...] Un gros crâne humain peint sur un dos. » 

Cette année, il ira ensuite à Taïwan pour y donner un séminaire et y être juge. Puis, ce sera Pékin, deux fois les États-Unis, Londres et Milan en 2018.

« Ça a commencé tout petit, à cause de ma grand-mère, en fait; c’était une adepte du National Geographic. J’y voyais des tribus maasai, les Maoris, etc. Tu vois, le tatouage que j’ai en facial c’est un moko (tatouage) maori. Chaque morceau est codifié: y a ma femme, mes enfants, mes ancêtres. [...] Je suis féru d’histoire. »

Et pour la troisième fois à l’expo: le Texan Erik Sprague, alias The Lizard Man, est de la partie. 700 heures de tatouage sur tout le corps ont fait de Sprague un homme-lézard: dents taillées en pointe, langue scindée en deux, peau verte... la totale.