Le nautisme est en pleine croissance au Québec, en Ontario et partout au Canada.

Là où le plaisir n'a pas de prix

Il fait beau, il fait chaud. Des embarcations de tous acabits fourmillent sur les plans d'eau à l'échelle de l'Outaouais. C'est la période de l'année où les amateurs de nautisme sont au paradis. Aujourd'hui, Le Droit vous propose une brève incursion dans le petit monde de la navigation de plaisance, là où le plaisir n'a pas de prix.
Le mercure frôle la barre des 30 degrés Celsius et l'indice humidex ne se gêne pas pour faire ressentir sa présence. Nous sommes en plein milieu de semaine, il est presque midi. À la Marina Leblanc, dans le secteur Gatineau, les nombreux bateaux accostés se font doucement bercer par la houle de la rivière des Outaouais. 
Paul Brassard profite de cette splendide journée du mois d'août pour passer un peu de temps sur son Formula 41 PC de 37 pieds, un modèle datant de 1990. Ce concepteur mécanique sénior de 56 ans qui travaille dans le secteur privé a fait l'achat de son bateau - son premier à vie - il y a six ans. Il est tombé en amour avec le mode de vie du navigateur de plaisance. Durant l'été, il passe tous ses week-ends sur son embarcation, avec sa conjointe. Leur fille de 20 ans et son ami de coeur viennent les rejoindre de temps à autre.
Paul Brassard
« C'est vraiment un monde fantastique et c'est dans notre cour arrière. J'ai découvert ça à 50 ans et je ne peux pas croire que j'habitais Gatineau tout ce temps sans savoir que nous avions ce plan d'eau là qu'est la rivière des Outaouais. Il y a plein de petits bijoux partout où on peut s'ancrer, relaxer et se baigner jusqu'au ventre, les pieds dans le sable. C'est incroyable !», lance M. Brassard.
Sur le quai voisin, Jean-Claude Larocque et Mélany Cannavino s'apprêtent à prendre le dîner sur leur voilier, un Beneteau de 32 pieds. « C'est notre cadeau de noces que nous nous sommes payé l'été passé », précise Mme Cannavino, à propos du navire.
Elle est enseignante - donc en congé durant l'été - et lui s'organise pour terminer ses journées de travail en fin de matinée, question de profiter au maximum du beau temps. « J'ai été initiée à la voile en rencontrant Jean-Claude, il y a trois ans, indique la dame. On dépend du vent et de la température. Faire du voilier, c'est le calme et le respect de la nature. »
De plus en plus gros
Le nautisme est en pleine croissance, au Québec, en Ontario et partout au Canada. Les marinas à pleine capacité de la région témoignent bien du phénomène. Il est pratiquement impossible de ne pas se buter à une liste d'attente si on veut s'amarrer pour l'été.  « Nos 90 espaces sont 100 % pleins et c'est comme ça depuis que nous avons ouvert en 1988. Nous avons une liste d'attente avec une dizaine de noms », souligne Christian Leblanc, propriétaire de la Marina Leblanc.
Celui-ci observe une tendance forte depuis la dernière décennie. Les plaisanciers sont plus jeunes et font l'achat de bateaux de plus en plus gros. Il n'est pas rare de voir des personnes âgées de 35 ans au volant d'un yacht, note-t-il.
« La tendance, ce sont les gros bateaux neufs. Des bateaux de 40 pieds à 700 000 $ ou 800 000 $, on en voit de plus en plus souvent. Je ne comprends pas comment les gens peuvent se permettre ça, mais ça peut juste être le financement », note le Gatinois. 
Le propriétaire du concessionnaire Hors-Bord Lafontaine, à Gracefield, Éric Thérien, partage cette observation. Les pontons et bateaux de pêche dominent le marché à 80 %, relate ce dernier. Les embarcations de plaisance récoltent l'autre pointe de la tarte. Quoi qu'il en soit, l'engouement pour les « gros » gabarits est bien réel, assure ce dernier. 
« Ce qu'on réalise, c'est que les gens qui veulent acheter cherchent des bateaux à 35 000 $ et plus. Les taux d'intérêt sont attirants. On finance jusqu'à du 4,68 % sur 20 ans avec taux fixe », illustre-t-il. 
« Les gens n'achètent pas un bateau, ils achètent un paiement. Si ça coûte 400 $ par mois sur 15 ans, c'est correct », ajoute-t-il. 
Paul Brassard estime qu'il s'agit surtout d'une question de choix. Certains prennent la décision d'acquérir un chalet ou une moto. D'autres optent pour la navigation. 
« Les personnes non initiées ne verront pas nécessairement la différence entre un bateau neuf ou un bateau plus vieux. Un bateau de l'année comme le mien se vend 400 000 $. Le mien, c'est un 1990. Tu peux avoir ça pour 30 000 $. C'est quand même raisonnable », explique-t-il.
Pour Éric Thérien, une question demeure malgré tout en suspens. « On vend toujours chaque année une centaine de bateaux neufs et on se demande toujours où vont tous ces bateaux. J'ai commencé ici en 1995 et depuis ce temps-là, je me pose toujours la même question. À un moment donné, tout le monde va finir par en avoir un », dit-il en riant.
Le wakeboard...un sport dispendieux
La planche nautique, mieux connue sous le terme anglais de Wakeboard, est un sport nautique parmi tant d'autres qui a largement gagné en popularité depuis son invention par le surfer Californien Tony Finn, au milieu des années 1980.
Combien peut coûter l'achat d'équipement nécessaire pour pratiquer cette activité ? On ne s'en tire pas sous la barre des 40 000 $ dollars si on se dirige vers un produit neuf, répond Éric Thérien, propriétaire du concessionnaire de bateaux Hors-Bord Lafontaine.
« On peut avoir un petit kit de base qui comprend un bateau de 18 pieds, une tour de wake et un moteur 4,3 litres, tout ça pour 40 000 $ à 45 000 $. Mais on peut aller jusqu'à 100 000 $ pour un vrai bateau de surf. C'est un sport assez dispendieux », mentionne M. Therrien.
Prendre l'eau sans se ruiner
L'achat d'un bateau, neuf ou usagé, les coûts de maintenance parfois exorbitants, les frais liés à la mise à l'eau, l'hivernisation et à la location d'un quai, qui dépassent au total des milliers de dollars par année - selon les plaisanciers que nous avons interrogés -, peuvent faire peur à monsieur et madame tout le monde qui aimeraient goûter au plaisir de se balader en dehors de la terre ferme.
Il existe cependant plusieurs options afin de sillonner l'Outaouais et ses plans d'eau sans avoir à casser sa tirelire et à se procurer un engin de navigation.
Traverser la rivière des Outaouais en plein coeur de la région de la capitale nationale, à bord de l'aqua-taxi Au feel de l'eau, faire un tour d'hydroglisseur avec Bayou-Outaouais, prendre part à une excursion à bord d'un canot voyageur de Rabaska Canada ou faire une balade de rafting de pleine lune avec Horizon X sont autant d'idées à envisager pour les curieux en quête de plaisir aquatique.