Ajà Besler, directrice générale de l'ACFO

La nomination de Peter Sloly bien accueillie

L’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) veut donner la chance au coureur concernant le nouveau chef du Service de police, Peter Sloly. Ce dernier a démontré de l’ouverture par rapport au bilinguisme et une volonté d’apprendre le français.

« On applaudit le fait qu’il ait fait l’effort d’inclure le français dans son discours. Ça démontre une certaine ouverture, mais maintenant il faut que ça se poursuive. Ça démontre aussi dès le départ qu’il reconnaît l’importance du bilinguisme, qu’il comprend la place importante que ça occupe à Ottawa. Pour ses cours de français, c’est clair qu’on va suivre le dossier et s’assurer que cet engagement-là se réalise. J’ai vu des politiciens dans le passé qui ont réussi à l’apprendre, d’autres qui ne l’ont pas fait. Ça dépend vraiment de la volonté de l’individu. On espère qu’il deviendra bilingue », note la directrice générale, Ajà Besler.

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Cette dernière ajoute qu’au-delà d’apprendre à s’exprimer dans la langue de Molière, une personne qui occupe un tel poste se doit de savoir qui sont les francophones et comprendre leur réalité.

« Une de ses priorités, c’est de réparer les liens entre la police et les communautés racialisées. Beaucoup de francophones sont de ce nombre et ils doivent faire partie des discussions », lance-t-elle.

La communauté noire applaudit

Selon Dahabo Ahmed Omer, porte-parole de la coalition Justice pour Abdirahman, l’arrivée de M. Sloly est une bonne nouvelle pour la capitale.

« Nous sommes très, très heureux. Ça fait des années qu’on attend que le chef de police puisse être une personne qui nous représente. C’est une personne qui fait partie de notre communauté, qui a des expériences très semblables aux nôtres. On sait que c’est quelqu’un qui croit vraiment au changement », lance-t-elle, précisant qu’il y a « beaucoup de racisme à Ottawa », mais que la situation s’améliore peu à peu depuis quelques mois.

Elle soutient que tout le monde souriait dans la salle à l’hôtel de ville, signe qu’un vent de fraîcheur souffle.

« Ça démontre qu’il y a un feeling dès le début que ce chef comprend ce qui se passe et va pouvoir parler pour nous sans même nous parler », dit-elle, saluant du même coup sa volonté d’apprendre le français.

La coalition Justice pour Abdirahman a vu le jour à la suite de la mort d’Abdirahman Abdi, lors d’une altercation avec des policiers d’Ottawa, en juillet 2016. L’agent Daniel Montsion est accusé d’homicide involontaire dans cette affaire.

Mme Ahmed Omer souligne que le profilage racial de la part de la police demeure une réalité dans les rues de la capitale. « La communauté noire sent que la manière dont elle est traitée n’est pas juste. Elle continue d’avoir des problèmes avec la police. Ils (les gens) ne se sentent pas en sécurité », affirme-t-elle.