Une microrafale et le tonnerre ont transformé le boulevard Hurtubise en un théâtre de désolation.

La nature se déchaîne

Le champêtre boulevard Hurtubise, au cœur des inondations du printemps 2017, à Gatineau, s’est une fois de plus retrouvé dans l’épicentre d’un autre soubresaut de la nature, lundi.

Ses résidents se sont une fois de plus retroussé les manches, mardi matin, pour nettoyer les dégâts. Une microrafale et le tonnerre ont transformé cette jolie berge de la rivière Gatineau en un théâtre de désolation. Heureusement, et presque par miracle, personne n’a été blessé.

Érica Harper, de Gatineau, peut en témoigner. Ce genre de scène, spectaculaire au cinéma, n’a rien d’amusant dans la vraie vie. Par ce chaud après-midi de lundi, plusieurs plaisanciers avaient choisi de naviguer sur la rivière Gatineau.

Mme Harper s’était justement rendue chez ses beaux-parents, sur le boulevard Hurtubise, afin de profiter de la rivière et de faire de la motomarine avec son conjoint et ses nièces. Le ciel est soudainement devenu noir, et le vent s’est levé sur la région, vers 15 h 30. Les plaisanciers croyaient voir arriver une forte pluie, et peut-être un orage. Mais jamais ils n’auraient cru à un tel phénomène. Ils sont revenus sur la terre ferme, et ont décidé de retourner à leur domicile.

Elle et les siens, tout comme le voisin, ont eu une chance inouïe de ne pas être écrasés par deux énormes arbres. Mme Harper venait tout juste de quitter la résidence des beaux-parents, dans une autre voiture, lorsque la scène catastrophique a débuté. Son conjoint et ses deux nièces se trouvaient dans leur camionnette lorsqu’un arbre est tombé sur le véhicule. « Je devais être à 30 secondes de la résidence quand mon mari m’a téléphoné. Il criait de revenir. Je ne comprenais pas. Enfin, les arbres revolaient partout, littéralement. Je suis retournée, puis les arbres continuaient de tomber. Je me suis réfugiée chez un voisin, car je n’ai pas eu le temps de me rendre chez mes beaux-parents. Les arbres bloquaient la rue. »

Le sort a bien fait les choses. La camionnette, équipée d’un support en métal à l’arrière, a soutenu l’arbre affaissé. Les deux nièces et le conjoint s’en sont sortis sains et saufs. Un autre arbre est tombé sur le véhicule du voisin, l’entrepreneur Roger Brûlé. Le véhicule a plié en deux, sous l’arbre de plusieurs tonnes.

Mme Harper a une pensée pour ses beaux-parents, qui ont aménagé sur Hurtubise il y a 18 mois.

Pendant cette période, rappelle-t-elle, ils ont vécu les inondations du printemps 2017, et la microrafale d’hier. « Mais ce voisinage a ceci de beau. L’entraide y est naturelle. »

L’heure était au ramassage et à l’émondage des dizaines d’arbres cassés dans l’est de Gatineau et dans le nord de l’Outaouais, au lendemain du coup de vent exceptionnel de lundi soir. Des pointes de vent auraient été enregistrées à 140 km/h, sur les berges de la Gatineau et des Outaouais.

Des résidents de l’est de Gatineau, mais aussi de Papineauville et du Pontiac, ont entrepris de déplacer ce qu’ils pouvaient, mardi, alors que de gros troncs d’arbres devaient être émondés par des équipes spécialisées.

Des arbres imposants – centenaires – ont été cassés. Certains ont entravé la voie publique pendant plusieurs heures.

Des scènes de désolation se multipliaient en bordure de la rivière Gatineau. Des balançoires et du mobilier extérieur ont été projetés par la microrafale. Un arbre aurait pris feu sur Hurtubise, possiblement à cause de la foudre qui s’est abattue peu après 15 h 30. Des fenêtres de certaines résidences ont été fracassées par des branches et des débris partis en tourbillon.

Personne n’a été blessé.