Les milieux naturels peuvent offrir d’excellents « services municipaux » tout à fait gratuits aux villes qui sauraient les intégrer à leurs schémas d’aménagement, avance le géographe et professeur à l'UQO, Jérôme Dupras.

La nature: le meilleur «service municipal»

Un professeur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) propose de miser davantage sur la nature comme complice pour lutter contre les inondations.

Le géographe Jérôme Dupras déplore le fait que le développement urbain se fait trop souvent sans tenir compte des milieux naturels qui font pourtant office de véritables « éponges pour retenir l’eau de pluie et réduire le ruissellement vers nos tuyaux surchargés ».

Professeur au département des sciences naturelles à l’UQO et chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée à Ripon en Outaouais, Jérôme Dupras est convaincu qu’une meilleure planification urbaine de nos villes en fonction de nos « infrastructures naturelles » nous aurait évité bien des soucis.

Le géographe Jérôme Dupras

En fait, pense-t-il, les milieux naturels peuvent offrir d’excellents « services municipaux » tout à fait gratuits aux villes qui sauraient les intégrer à leurs schémas d’aménagement. Ainsi, plutôt qu’assécher des zones humides pour y construire des maisons unifamiliales et bâtir des résidences près des cours d’eau, sans laisser à ceux-ci de « l’espace pour respirer », en termes de crue et décrue des eaux, on a détruit nos meilleurs alliés naturels pour contrer les aléas de la nature et de la météo. 

« C’est pas dans nos premiers réflexes comme décideurs-aménagistes de favoriser la conservation des milieux naturels en milieu urbain », explique le professeur Dupras.

Un cercle vicieux

Les villes se retrouvent ainsi dans un cercle vicieux puisque la majorité de leurs revenus reposent sur les impôts fonciers et donc l’étalement urbain, alors que c’est ce dernier qui se retourne contre nous lorsque des tempêtes de pluie, des crues printanières et des fontes de neige massives surviennent. 

En moyenne, près de 70% des revenus des villes québécoises dépendent des impôts fonciers (87% dans le cas de Gatineau). 

« Tout le modèle d’étalement urbain de l’après-guerre s’est fait au détriment des territoires agricoles et forestiers, » déplore le chercheur.

En fait, des recherches ont permis d’établir que les terrains gérés par la Commission de la capitale nationale (notamment la ceinture de verdure et le parc de la Gatineau) représentaient chaque année en approvisionnement en eau, en prévention des inondations et autres « services » naturels, l’équivalent de 332 millions de dollars que cela coûterait pour offrir les mêmes ressources en constructions humaines. 

Les milieux humides de cette zone ont une valeur entre 20 000 $ à 150 000 $ par hectare en termes de ce qu’elles peuvent offrir comme protection et régulation.

C’est ce que M. Dupras est allé, entre autres, raconter aux participants du récent Forum Inondations 2017, qui se déroulait jeudi et vendredi derniers à Montréal, et dans le cadre duquel il a pris la parole. 

Au développement sauvage des villes, offrons désormais des solutions en amont qui impliquent notamment la préservation des milieux naturels comme garde-fou aux excès des changements climatiques, c’est-à-dire savoir « utiliser la nature pour gérer de façon plus résiliente les villes », résume le professeur Dupras ; donc intégrer les infrastructures naturelles aux schémas d’aménagement des villes, en sachant, d’emblée, que la nature est notre meilleure complice et non une ennemie déchaînée. 

LES SINISTRÉS DES INONDATIONS INVITÉS À DES RÉUNIONS D'INFORMATION

Les résidents d’Ottawa dont les propriétés ont été touchées par les inondations historiques de mai dernier sont conviés à des réunions d’information sur le Programme d’aide aux sinistrés pour la reprise après une catastrophe. Celui-ci vise à fournir de l’aide financière à la suite d’une catastrophe naturelle qui cause des dommages coûteux et étendus à des biens privés admissibles.

Les résidents qui participeront à l’une de ces séances, organisées dans les quartiers Cumberland et West Carleton-March, sont invités à apporter leur formulaire de demande.

Pour respecter les disponibilités des citoyens, les quatre réunions sont prévues en après‑midi et en soirée.

Elles auront lieu le 11 octobre de 15 h à 17 h et de 19 h à 21 h au Centre communautaire de Constance et Buckham’s Bay ; ainsi que le 12 octobre aux mêmes heures à la salle communautaire de l’aréna R.‑J.‑Kennedy. Les sinistrés doivent déposer leur demande dans le cadre de ce programme d’aide au plus tard le 27 octobre.