La naloxone disponible gratuitement dans les pharmacies dès vendredi

La naloxone, cet antidote contre les opioïdes, sera accessible gratuitement dans les 1900 pharmacies communautaires du Québec à compter de vendredi.

L’annonce a été faite par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et sa collègue déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, jeudi en conférence de presse. 

Toute personne de plus de 14 ans détentrice d’une carte d’assurance-maladie pourra se procurer «sans question ni enquête» un maximum de huit fioles injectables (avec les seringues) dans une pharmacie dès vendredi. 

Toutefois, si la personne n’a pas de carte d’assurance-maladie et que son état clinique laisse croire qu’elle est en détresse, elle pourra obtenir gratuitement le médicament, a indiqué le ministre Barrette. 

La mesure vise évidemment toute personne qui consomme des opioïdes et qui est à risque de surdose, mais aussi «toute personne de son entourage qui constate une surdose et qui pourrait injecter le médicament».

«On sait qu’au Québec la situation n’est pas aussi critique que dans d’autres provinces, mais on ne veut pas que ça se rende à ce niveau-là», a expliqué le ministre de la Santé pour justifier le déploiement de cette mesure. 

«Un registre sera mis en place, et une révision du programme sera faite tous les trois ans. On prévoit un budget global de 200 000$», a-t-il détaillé.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large d’encadrement des personnes qui consomment des drogues injectables, a pour sa part souligné la ministre Charlebois, qui a rappelé que son gouvernement avait investi 12 M$ dans trois sites d’injection supervisée à Montréal. 

«On a aussi formé des usagers, mais aussi des proches et des intervenants pour administrer et enseigner aux autres comment administrer la naloxone», a mentionné la ministre, précisant que plus de 90% des ambulanciers ont maintenant des trousses de naloxone et la formation nécessaire pour administrer le médicament. 

Questions légales

La stratégie du gouvernement pour prévenir une crise des opioïdes au Québec comporte d’autres étapes qui devraient être connues sous peu, a-t-on par ailleurs indiqué jeudi.

Le gouvernement travaille notamment à mettre en place les règles de distribution de la naloxone dans les organismes communautaires. «Certains en ont déjà, mais ce n’est pas tous les organismes qui en ont», a indiqué Mme Charlebois. Selon le ministre Barrette, il y a des questions d’ordre «légal» à considérer avec les pharmaciens avant de distribuer plus largement le médicament dans les organismes communautaires. 

Le ministre de la Santé est par ailleurs brièvement revenu sur la conférence fédérale-provinciale à laquelle il a participé en Alberta le mois dernier, où il a notamment été question des prescriptions de médicaments opioïdes. 

«Il semble y avoir un lien entre le taux de prescription d’opiacés et la crise que l’on voit dans diverses provinces. Dans le rapport de l’ICIS [Institut canadien sur la santé] qui est sorti hier [mercredi] sur l’utilisation des opiacés, on constate que la province qui prescrit le moins d’opiacés est le Québec [...], peut-être parce que nos médecins ont des guides de pratiques qui sont plus serrés, et qu’on resserre actuellement pour éviter» une crise au Québec, a souligné le ministre Barrette.