La préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande

La MRC de Papineau demande un moratoire sur les titres miniers

Dans le but de se prémunir contre d'éventuels développements indésirables de mines à l'intérieur de ses frontières, la Municipalité régionale de comté de Papineau demande un moratoire de six mois à Québec en ce qui concerne les nouveaux titres miniers sur son territoire.
Le conseil des maires de la MRC de Papineau a adopté une résolution en ce sens plus tôt cette semaine. Une lettre à ce sujet a également été acheminée par le gouvernement régional au ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.
La MRC de Papineau fait valoir dans sa missive qu'elle souhaite « se prévaloir des nouveaux pouvoirs édictés par la Loi sur les mines afin de délimiter des territoires incompatibles avec l'activité minière dans son Schéma d'aménagement et de développement révisé ». 
Une liste sommaire de certains sites incompatibles avec l'activité minière a aussi été fournie au ministère par la Municipalité régionale de comté. On y retrouve certaines demandes concernant les périmètres urbains et les secteurs de villégiature. 
Des sites récréotouristiques comme la Réserve Kenauk, le Parc des Montagnes noires et le Centre touristique de Lac-Simon font par exemple partie de la liste soumise par la MRC de Papineau. Des lieux marqués par des activités de conservation comme le Parc national de Plaisance et la Réserve écologique de la Forêt-la-Blanche, à Mayo, font aussi partie du document.
« On veut avoir un droit de regard sur les mines qui vont être développées sur notre territoire. Le moratoire va nous permettre d'approfondir notre analyse et de désigner les endroits dans notre MRC où on ne veut pas qu'il y ait ce genre de développement », affirme Paulette Lalande, préfète de la MRC de Papineau.
Selon cette dernière, l'objectif n'est pas de bloquer l'accès à tout éventuel promoteur, mais bien de protéger certaines zones tampons. Le gouvernement régional fera appel à l'Agence de traitement de l'information numérique de l'Outaouais pour cibler les secteurs à sauvegarder.
« Tu peux avoir des projets miniers qui sont très bons et qui peuvent permettre le développement d'une MRC, mais nous ce qu'on croit c'est qu'il n'y a pas de claims assez puissants pour faire un développement minier intéressant ici », estime la préfète. 
Plusieurs municipalités de la Petite-Nation ont eu maille à partir avec des compagnies minières ces dernières années. Ripon, Lac-des-Plages et Duhamel sont quelques-unes des localités où des projets de prospection ont suscité l'inquiétude auprès de la population.