Une roulotte abandonnée dans le secteur de Masson-Angers a été retirée de la glace vendredi dernier.

La menace des cabanes abandonnées

Des dizaines de cabanes de pêche abandonnées sur les cours d’eau gelés de l’Outaouais menacent de sombrer une fois les glaces fondues.

« La glace fond rapidement, on est dans les derniers jours pour rescaper des cabanes. Normalement, les équipements auraient dû être retirés à la fin mars », explique le directeur général de la Garde-rivière des Outaouais, Patrick Nadeau.

« L’année dernière, il y a des cabanes qui ont brûlé et qui ont coulé au fond de l’eau. Non seulement ça pollue le cours d’eau, mais c’est aussi très dangereux pour la navigation. »

M. Nadeau donne l’exemple récent d’une roulotte abandonnée dans le secteur de Masson-Angers qui a été retirée de la glace in extremis vendredi dernier grâce à l’aide de l’entreprise privée HEXO et du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

« Il y avait trois cabanes et une roulotte dans le même secteur. Il y a une de ces cabanes qu’on n’a pas été capable de récupérer, mais les deux autres ont été sécurisées. Si ce n’était pas du fait qu’on est intervenu avec une entreprise privée pour financer l’opération, on n’aurait pas pu y arriver. C’est HEXO qui a payé pour ça. »

Bien qu’il reconnaisse le travail de vigilance du MFFP, M. Nadeau se questionne à savoir « pourquoi serait-ce aux contribuables québécois de financer ces opérations compliquées alors que les fautifs s’en tirent sans conséquence ».

Nouvelle réglementation

En Ontario, les cabanes et les véhicules sur la glace doivent porter un numéro d’immatriculation visible à l’extérieur de la structure. Cela permet de retrouver les propriétaires en cas d’abandon et d’imposer des amendes pouvant aller jusqu’à 25 000 $ dans les cas extrêmes. La Garde-rivière des Outaouais souhaite l’implantation d’un tel règlement dans la région. Cependant, les différents paliers de gouvernement se renvoient la balle sans savoir à qui revient ultimement la responsabilité.

« Pendant ce temps-là, c’est des cabanes qui coulent chaque année. C’est sur qu’on aimerait qu’il y ait un règlement à la grandeur de la province, mais entre temps, on pense que la Ville de Gatineau pourrait réglementer dès la saison prochaine. »

Certains conseillers de la Ville de Gatineau ne ferment pas la porte à la mise en place d’un tel règlement. « Je suis d’accord avec l’initiative de vendre des permis pour être capable d’identifier le propriétaire de la cabane pour qu’il l’enlève », souligne le conseiller municipal, Jean-François LeBlanc. « À l’instant où il y a une initiative pour être capable de gérer cette problématique-là, je vais la supporter. »

M. LeBlanc affirme qu’il a été mis au courant de la problématique lors d’une rencontre avec le MFFP. « On a eu une petite discussion et on s’est dit qu’il fallait trouver une solution pour régler ça. C’est absurde. »

Il ajoute qu’il s’explique mal qu’un « conseiller soit contre le fait d’empêcher des cabanes de se retrouver dans la rivière. Il faut commencer à en discuter, regarder si c’est notre juridiction, observer ce qui se fait dans les autres villes et essayer de trouver des solutions. »