La menace de grève générale plane

Les 350 croupiers du Casino du Lac-Leamy se sont joints à leurs 750 confrères du Casino de Montréal, hier, dans le cadre d'une journée de grève qui se tenait dans la métropole québécoise.
Le Syndicat canadien de la fonction public (SCFP) et ses employés espèrent mettre de la pression sur Loto-Québec dans le but d'accélérer les négociations en vue de la nouvelle convention collective qui se fait attendre. Les croupiers des deux établissements sont sans contrat de travail depuis mars 2013.
Les horaires de travail et les conditions de rappel des employés temporaires sont au coeur du désaccord entre le syndicat et la partie patronale. Le SCFP affirme notamment que Loto-Québec veut faire passer de 60 à 15 minutes le temps accordé aux employés sur appel lorsque vient le temps pour eux de confirmer s'ils acceptent ou non un quart de travail.
Hier matin, des autobus bondés ont pris le départ peu après 8h à partir du stationnement des employés du boulevard de la Carrière, à Gatineau, en direction de Montréal. Pendant ce temps, d'anciens croupiers, qui occupent actuellement des postes de cadre, se sont chargés du service aux tables afin que le service ne soit pas interrompu.
Le porte-parole de Loto-Québec, Jean-Pierre Roy, a bon espoir que le dossier se règle rapidement. La société d'état a demandé la conciliation au ministère du Travail. Une première journée de médiation est prévue aujourd'hui pour les employés du Lac-Leamy.
Loto-Québec est cependant prête à toutes éventualités si jamais une grève générale illimitée devait être déclenchée au début du mois d'août. «Il n'y a jamais eu de conflit de travail avec les croupiers dans toute l'histoire des casinos québécois, mais compte tenu des moyens de pression et des déclarations syndicales, il faut évidemment se préparer. Mais nous pensons qu'il y a encore une marge pour s'entendre», a commenté M. Roy, hier.
«Nous disposons d'un certain nombre d'anciens croupiers qui sont devenus cadres et qui pourraient faire le travail si jamais il y avait grève illimitée», a ajouté le porte-parole.
Chez Tourisme Outaouais, on préfère attendre encore un peu avant de se prononcer sur les conséquences que pourrait avoir un éventuel conflit de travail sur la région en termes de retombées économiques.
«À court terme, soit une grève d'un jour, l'impact sur l'industrie touristique est minime surtout considérant que le centre de villégiature qu'est le Complexe Lac-Leamy offre une brochette d'activités: gastronomie, centre de détente, spectacles, hôtel cinq étoiles, machines à sous, et ce, sans compter l'accès au réseau des sentiers récréatifs de la région de la capitale nationale», a simplement indiqué l'organisme, par voie de courriel, hier.
bsabourin@ledroit.com