Sophie Osborne et Daniel Guay ont amené leur fils, William, rencontrer le père Noël hier aux Promenades Gatineau.
Sophie Osborne et Daniel Guay ont amené leur fils, William, rencontrer le père Noël hier aux Promenades Gatineau.

La magie de Noël pour les enfants autistes

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Les enfants atteints d'autisme sont capables de grandes choses, mais certains éléments de la vie quotidienne sont plus difficiles. Se retrouver en file pour aller rencontrer le père Noël, par exemple, peut s'avérer un véritable calvaire pour les parents. Le sympathique barbu était toutefois réservé à ces enfants ce week-end aux Promenades Gatineau.
Hier après la fermeture du centre commercial, le père Noël a fait un peu d'heures supplémentaires au grand bonheur de familles au quotidien parfois épuisant. L'initiative arrive pour la première fois à Gatineau, elle a été étendue à tous les centres d'Oxford Properties après le succès d'un événement du genre en Alberta l'an dernier. À l'arrivée des familles, les lumières sont tamisées, la musique éteinte, et le petit train du mail et le père Noël leur sont réservées pour une heure complète, explique la directrice du marketing des Promenades, Lucie Filiatreault.
Succès
Massimo Arcudi, 8 ans, est atteint d'une forme non spécifiée d'autisme. Selon sa mère, Maud Bastien, il était bien heureux de voir le père Noël. Le seul hic, c'est qu'il associe sa présence aux cadeaux. Il a dû être rassuré, il aura ses présents comme tout le monde le 25 décembre. Mme Bastien s'est dite reconnaissante de pouvoir participer à cette activité, son fils devient «très anxieux» dans des lieux publics.
De son côté, le petit William Guay n'a que trois ans. Il est un peu tôt pour poser un diagnostic complet dans son cas, mais il présente tous les signes classiques d'un enfant autiste. William ne parle pas, mais quand il souhaite quelque chose, il trouve tous les moyens de le communiquer à ses parents, parce qu'il le veut rapidement! Dans une foule, une petite seconde d'inattention est suffisante pour que l'enfant décampe.
«On est venu avec ses frères plus tôt cette semaine, et une heure et demie en file, ç'a été très difficile parce qu'il a piqué une crise, raconte son père Daniel. Aujourd'hui, il est beaucoup plus calme.»
Daniel et sa femme, Sophie Osborne, ont tout de même dû user de ruse pour prendre une photo avec le père Noël. Le petit William était particulièrement attiré par le petit train des Promenades. Les jouets préférés du garçon ont toutefois réussi à attiser son envie de grimper dans le train.
Dans la courte file d'attente pour être photographié, Daniel observe des parents quitter les lieux avec leur fille en pleine crise. «Ils ne devraient pas s'en aller», soupire-t-il. «Je comprends ce qu'ils vivent, ça me fait de la peine de voir ça. Les gens jugent beaucoup aujourd'hui. C'est aussi ça qui est difficile. Si mon enfant est en crise, on me regarde comme si j'étais un mauvais père. Ce n'est pourtant pas la faute de personne.»
Plus tard, le père de William explique qu'il s'attendait à rencontrer d'autres parents dans sa situation, avec qui il pourrait échanger. Sur place, il s'est rendu compte qu'un événement du genre s'est plutôt vécu dans l'intimité.