La magie de La Machine à l'oeuvre

Époustouflant, poétique, d'une finesse inattendue. Au terme du lent et spectaculaire réveil de l'araignée Kumo, jeudi soir, les spectateurs qui s'étaient massés par milliers aux abord du Musée des beaux-arts et de la basilique-cathédrale Notre-Dame d'Ottawa se disaient ravis de ce premier mouvement de la pièce de La Machine.
«On a vu l'araignée bouger, maintenant, on a hâte de la voir marcher!» a fait valoir Richard Lebel.
L'Ottavien et sa conjointe Claire, charmés par le choix de l'emplacement et la qualité du spectacle, résumaient bien l'esprit de plus d'une personne rencontrée sur place. «C'était tout simplement enchanteur, ce qu'on a pu vivre (jeudi) soir. Ça donne vraiment le goût de voir le reste, de se rendre aux différents sites d'ici à dimanche. Je suis très curieuse de voir le cheval-dragon marcher, en tout cas», a quant à elle soutenu Rafaëlle Devine, venue de Gatineau avec son amoureux Jonathan Raby, pour assister au spectacle.
Vue partielle
Tous n'ont cependant pas eu la même chance de voir et d'entendre dans toute son ampleur et sa beauté visuelles et musicales ce premier acte de la pièce de théâtre de rue de La Machine.
L'esplanade du MBAC s'est vite remplie, dans l'heure précédant le début de la représentation de quelque 60 minutes, si bien que la majorité des gens ont dû se contenter de s'agglutiner dans les rues avoisinantes, sur la butte du parc Major's Hill et à l'entrée du pont Alexandra dans l'espoir d'apercevoir quelque chose.
Ils ont également dû faire preuve de patience, le spectacle débutant avec quelque 20 minutes de retard. 
Or, dès que les 12 manipulateurs ont entrepris leur ballet aérien pour aller prendre place, en rappel, dans leurs sièges sous le ventre et sur la tête de l'araignée, même les plus impatients ont retenu leur souffle. Et ont non seulement levé leur regard vers le ciel, mais aussi leur appareil photo ou téléphone intelligent pour capter des images saisissantes, sur une trame musicale livrée en direct par une dizaine de musiciens, eux-mêmes juchés entre ciel et terre.
Ballet aérien 
Puis, les yeux de Kumo se sont allumés et ses pattes se sont tour à tour recroquevillées et étirées, dans des mouvements tout en douceur. Après s'être élevée au-dessus de la cathédrale, l'araignée géante (et de quelque 15 tonnes!) est ensuite descendue jusqu'à atteindre le sol, sous une neige fine et féérique.
«J'ai vraiment aimé la musique et quand les pattes ont commencé à bouger. Mais j'ai surtout aimé quand les manipulateurs se sont lancés dans le vide pour aller s'installer dans l'araignée», a raconté le jeune Louis-Pierre Fortin, neuf ans.
Ce dernier et sa mamie Lise Thérien ont pu se hisser sur le muret de l'esplanade pour réussir à voir l'araignée se rapprocher du sol, vers la fin du spectacle. «C'était vraiment magnifique! a lancé Mme Thérien, une fois assise. Je m'attendais à quelque chose de robotique, de plus mécanique dans les mouvements, mais j'ai trouvé ça, au contraire, vraiment très élégant.»
Demeurée au bas du mur, se fiant sur ce que son fils et sa mère lui rapportaient, Annie Charbonneau faisait pour sa part contre mauvaise fortune bon coeur. «On espère revenir (vendredi) soir et se rendre devant la Cour suprême dimanche pour voir l'araignée et le cheval-dragon ensemble. Il faudra juste s'organiser pour arriver plus tôt, pour avoir une bonne place!»