Les cartons de lait de la Laiterie de l'Outaouais pourraient bien éventuellement se retrouver sur les tablettes du géant américain Walmart.

La Laiterie de l'Outaouais prête pour les frigos de Walmart

C’est connu, Walmart a été le tout premier à cogner aux portes de la Laiterie de l’Outaouais en 2008. Mais la coopérative avait décidé de mettre la multinationale sur la voie d’accotement, le temps de percer le reste du marché régional. Près d’une décennie plus tard, la réflexion a atteint un nouveau stade.

Les cartons de lait pourraient bien éventuellement se retrouver sur les tablettes du géant américain, qui possède quatre magasins à Gatineau. 

En entrevue avec Le Droit, le président-directeur général Georges Émond ne nie pas que la Laiterie est en quelque sorte à la croisée des chemins. 

« Ce qui nous intéresse, c’est d’être présent partout où il se vend du lait en Outaouais. Que toutes les surfaces de vente aient au moins un petit espace-tablette pour nous. Il y a place à la discussion et le dossier est toujours ouvert, on tente de le faire avancer. On aimerait que nos produits s’y retrouvent, au même titre que chez Tigre Géant ou Shell, par exemple. Le but est de solidifier notre entreprise et rayonner encore plus, que la communauté soit encore plus fière de nous », avoue-t-il.

Georges Émond, directeur général de la Laiterie Outaouais, ne nie pas que l’entreprise régionale est à la croisée des chemins.

En 2011, dans nos pages, M. Émond reconnaissait que la Laiterie de l’Outaouais ne pourrait pas repousser ad vitam aeternam le débat au sujet de Walmart. 

« Nous avons un peu mis cette question de côté à cause de la polémique qu’elle provoquait. À mon avis, on ne peut décider d’exclure une entreprise qui veut notre produit pour en favoriser d’autres. Mais je ne veux pas être juge de ça » avait à l’époque lancé le grand patron de la coopérative. 

Six ans et demi plus tard, on sent qu’il marche moins sur des œufs quand il aborde le sujet. Il affirme que la multinationale américaine fait « partie de l’équation » en 2017, à l’heure où elle a bousculé l’industrie et les habitudes de consommation en offrant un rayon alimentaire complet dans tous ses magasins de la région. 

« C’est un incontournable. Avec le temps, on s’aperçoit bien que Walmart est là, peu importe l’opinion publique sur l’entreprise. Notre but est d’être là où les consommateurs font leurs achats, car en étant absents, on se coupe une part de marché par la bande », dit-il. 

Georges Émond indique que les pourparlers se poursuivent et que Walmart n’a de son côté « jamais fermé la porte » à la coopérative. 

« Sauf que le processus est long et on persévère, en espérant qu’un jour sera le bon et qu’on nous dise oui », renchérit-il. 

L’homme d’affaires cite l’exemple de la laiterie régionale Nutrinor, au Saguenay Lac-Saint-Jean, dont la gamme de produits se retrouve sur les étalages de Walmart. Dans sa région, la coopérative détient 75 % des parts de marché. Malgré son succès incontesté, la Laiterie de l’Outaouais, de son côté, s’en empare de deux fois moins (35 %). 

Rappelant que la laiterie a annoncé il y a quelques jours qu’elle souhaitait conquérir le marché ontarien, il affirme que l’objectif est de continuer d’innover et au bout du compte, de continuer à augmenter ses parts de marché. Il cite en exemple le fait que les sacs de quatre litres de lait se retrouvent depuis peu dans les réfrigérateurs des dépanneurs Couche-Tard de la région. 

Appelé à commenter, Walmart Canada n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.

LA LAITERIE DE L'OUTAOUAIS EN CHIFFRES

9 Nombre de produits offerts

6 Nombre de formats offerts

30 Nombre d’employés

35% Parts de marché régionales

70 Nombre de fermes laitières pour l’approvisionnement 

20 000 litres Production de lait au chocolat par semaine