La grippe fait déborder les urgences de l'Outaouais

Des taux d’occupation qui dépassent les 200% affligent les urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau, victimes d’une saison de la grippe «exceptionnelle» qui dure depuis deux mois déjà.

Le grand patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Jean Hébert, ne cache pas que les urgences du secteur urbain sont particulièrement affectées, ces derniers temps, par un grand nombre de patients s’y présentant pour des symptômes découlant de l’influenza.


Cette «situation exceptionnelle» représente du jamais-vu depuis cinq ans dans la région, alors que l’activité grippale est quatre fois plus élevée que l’an dernier. Entre le 29 octobre et le 29 janvier, plus de 500 cas d’influenza ont été confirmés en laboratoire dans la région. L’Hôpital de Hull, le Foyer du Bonheur et La Pietà sont toujours aux prises avec des éclosions, qui sont liées à cinq décès jusqu’à présent.


Conséquence inévitable de l’intensité de l’activité grippale, les urgences débordent. Le taux d’occupation des civières de l’urgence a grimpé jusqu’à 212% à l’Hôpital de Hull, mardi, tandis que celui de l’Hôpital de Gatineau a atteint 214%. Dans les deux cas, plusieurs patients se trouvaient sur une civière depuis plus de 48 heures.


Le CISSSO a procédé à l’ouverture de 20 lits supplémentaires (huit à Hull et 12 à Gatineau) pour tenter de faire baisser la pression sur ses urgences.


Un «effort supplémentaire» a aussi été demandé aux médecins de famille en cabinet pour qu’ils offrent des heures d’ouverture élargies afin de voir les patients n’ayant pas nécessairement besoin de soins en milieu hospitalier, a indiqué Jean Hébert.


Le directeur des services professionnels de l’organisation, le Dr Guy Morissette, note qu’en plus des nombreux cas de grippe, les urgences voient arriver beaucoup de patients victimes de vilaines chutes sur des surfaces gelées.


«On a beaucoup de fractures, on a énormément de gens sur la liste opératoire en ce moment à cause de ça», a indiqué le Dr Morissette.


Le CISSSO demande donc à la population «de réduire autant que possible l’achalandage dans ses installations». L’organisation rappelle aussi que des mesures de prévention comme se laver les mains et tousser dans le pli du coude peuvent permettre de réduire les risques de transmission de l’influenza.