Les camionneurs bloquent l'entrée des bureaux du ministère des Transports sur la rue Jean-Proulx, à Gatineau.

La grande manifestation de camionneurs, aussi en Outaouais

Quelque 3500 camionneurs artisans ont manifesté lundi matin près d’une soixantaine de centres de services du ministère des Transports pour protester contre la présence de camionneurs non régis sur les chantiers publics.

Selon l’Association nationale des camionneurs artisans (ANCA), le recours à ces camionneurs non régis laisse la porte grande ouverte à la corruption et au déploiement de stratagèmes de fausse facturation.

Tous les centres de services du ministère devaient être visités. Dans la région de Montréal, la circulation a été ralentie à divers endroits, tandis qu’à Québec, les camionneurs devaient se rendre près de l’Assemblée nationale. En Outaouais, les camionneurs ont manifesté sur la rue Jean-Proulx, sur la rue Principale et près de l’édifice Jos-Montferrand.

Le directeur général de l’ANCA, Gaétan Légaré, dénonce l’inaction du ministère qui, selon lui, continue de permettre aux entrepreneurs, sur ses propres chantiers, de retenir les services de camionneurs qui ne sont pas régis par la Commission des transports du Québec. Il avance même que le ministère serait tenté d’accroître la proportion de contrats octroyée à ces camionneurs.

Le ministre des Transports, André Fortin, a rencontré des camionneurs artisans qui manifestaient en matinée près de son bureau du secteur Aylmer, avec qui il dit avoir eu une discussion « cordiale ». M. Fortin réfute toutefois les allégations selon lesquelles le système actuel engendre de la corruption ou de la fausse facturation.

« Il faut faire attention, a-t-il dit. Quand les représentants des camionneurs artisans font référence à un système de fausse facturation à l’intérieur du camionnage, ou ce qui a été rapporté dans la commission Charbonneau, ça a été rapporté dans leur propre mémoire [...] et la commission elle-même ne fait pas référence au camionnage comme tel. Il y avait [...] quatre recommandations de la commission au ministère des Transports [...] et les quatre ont été mises en place. Maintenant, ce que les camionneurs disent, c’est qu’en passant par notre système, on se donne un levier additionnel, disons, pour s’assurer que tout est fait selon les règles, mais il faut savoir que les autres joueurs aussi dans l’industrie ont mis en place des systèmes pour s’assurer que tout se fasse selon les règles, donc je pense qu’à ce niveau-là, on est quand même en lieu de croire que tout se passe selon les règles de l’art dans ce système-là, mais qu’il faut toujours rester vigilant. »

Le ministre a aussi rappelé que « la table de discussion » mise sur pied dans ce dossier est toujours en place. Il espère toutefois que les camionneurs artisans ne récidiveront pas avec des coups d’éclat visant à ralentir la circulation. « Je vous avoue que je suis beaucoup plus réceptif aux demandes de certains groupes quand ils manifestent de façon pacifique comme ils l’ont fait devant mon bureau [lundi] matin, sans déranger la circulation, sans déranger les automobilistes, a-t-il mentionné. [...] Il y a une table de discussion qui est en place pour entendre les revendications de tout le monde, pour que les deux groupes puissent se parler de façon franche, de façon ouverte. Il y a des choses à améliorer dans l’industrie, il faut s’assurer que les grands chantiers puissent procéder rapidement, et il faut s’assurer que les camionneurs artisans y trouvent du travail. »