La «Gérard Comeau» bientôt disponible.

La «Gérard Comeau» bientôt disponible

Deux microbrasseries de la région de la capitale fédérale unissent leur savoir-faire et créent une bière pour dénoncer les lois sur le commerce interprovincial d’alcool qui limitent le flot de houblon entre les juridictions.

Cette cervoise conçue par la Brasserie du Bas-Canada, à Gatineau, et Flora Hall, à Ottawa, portera le nom de Gérard Comeau, en respect au Néo-Brunswickois qui s’est battu jusqu’en Cour suprême du Canada afin d’obtenir le droit d’acheter de la bière au Québec sans limite de quantité.

M. Comeau a perdu sa cause au mois d’avril lorsque le plus haut tribunal du pays a, dans un jugement unanime, maintenu la validité des lois provinciales qui restreignent la possibilité de s’approvisionner en boissons alcoolisées dans des provinces où il en coûte moins cher.

«Ces règles pénalisent les brasseries artisanales frontalières qui, malgré la proximité du marché d’une autre province, ne peuvent offrir leurs produits à cette clientèle sans entreprendre des démarches complexes et très coûteuses», a fait valoir Gabriel Girard Bernier, copropriétaire de la Brasserie du Bas-Canada.

Afin de dénoncer cette situation qui va à l’encontre des valeurs encourageants l’achat local, précise le microbrasseur, et pour contourner le problème, la brasserie Flora Hall produit la Gérard Comeau dans les installations de la Brasserie du Bas-Canada à Gatineau tandis que l’entreprise québécoise brasse le même produit dans les cuves de Flora Hall à Ottawa. 

La bière sera commercialisée des deux côtés de la rivière des Outaouais vers la mi-juillet, au même moment où des élus des différentes provinces doivent se rencontrer pour discuter de la question du commerce interprovincial d’alcool.

La Gérard Comeau sera une bière éphémère vendue dans les brasseries et aussi dans certains détaillants de l’Outaouais. Elle sera une IPA très effervescente, houblonnée, a précisé M. Girard Bernier.

«C’est un nouveau style, et nous sommes parmi les premiers au Canada à brasser ce type de bière. C’est souvent le cas dans des projets de bières collaboratives de faire des bières un peu plus d’avant-gardes, un peu plus innovatrices», a ajouté le microbrasseur gatinois.

Qu’en dit le principal intéressé dans cette histoire ?

«Je ne m’oppose pas à ça. Je suis un gars bien simple», a réagi M. Comeau, qui a été informé des intentions des brasseurs artisanaux par son avocat. 

Le Néo-Brunswickois ne s’opposerait pas à recevoir une caisse de la «Gérard Comeau» en guise de compensation. 

Toujours déçu de la décision de la Cour suprême, M. Comeau souhaite que les gouvernements en arriveront à une entente qui permettra de lever les barrières commerciales.