Selon la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, les délégués syndicaux ont décider d'accepter la main tendue par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.
Selon la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, les délégués syndicaux ont décider d'accepter la main tendue par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

La FIQ renonce au refus de temps supplémentaire obligatoire en fin de semaine

La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Les déléguées de la FIQ ont décidé d'annuler l'exercice prévu des moyens de pression des infirmières, samedi et dimanche, car elles veulent donner une chance à la main tendue par le gouvernement Legault.

Les infirmières de la Fédération interprofessionnelle de la santé avaient prévu s'en tenir à leur horaire régulier de travail, samedi et dimanche, et refuser de faire des heures supplémentaires obligatoires. Elles avaient rapidement été convoquées par le Tribunal administratif du travail jeudi, à la suite d'une demande du Comité patronal de négociation.

Mais jeudi, lors d'une conférence de presse, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, s'est dite ouverte à négocier spécifiquement des façons pour diminuer la surcharge de travail des infirmières, avec les moyens financiers pour y parvenir. Elle a martelé des messages comme «on vous a entendues», «on comprend votre épuisement», «on est au rendez-vous».

Réunies en conseil national extraordinaire de négociation, jeudi soir, les déléguées de la FIQ ont donc décidé de donner une chance à cette «main tendue» par la ministre LeBel.

Dans un communiqué, la FIQ insiste toutefois sur le fait que les engagements publics de la ministre LeBel devront se traduire concrètement par des engagements aux tables de négociation, «car notre patience sera de courte durée», affirme l'organisation syndicale qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques.

Deux priorités

La FIQ s'est donné deux priorités pour réduire la charge de travail: implanter des ratios sécuritaires infirmière-patients et constituer des équipes de soins complètes et stables, en offrant davantage de postes à temps complet qui permettent la conciliation travail-famille.

Le premier ministre François Legault a déjà fait valoir que bien des postes à temps complet étaient affichés et que les infirmières à temps partiel ne postulaient pas pour les obtenir.

La présidente de la FIQ, Nancy Bédard, a déjà expliqué que ces postes à temps complet doivent être «attractifs» pour intéresser ses membres. Or, certains postes à temps complet incluent du travail à des quarts de jour, de soir et de nuit, ou bien du travail dans trois unités de soins différentes.

De plus, avec un poste à temps complet vient parfois le temps supplémentaire obligatoire — un irritant majeur pour les infirmières, qui s'estiment alors «prises en otage» au travail.

Le gouvernement a déjà indiqué que seulement 50 % des infirmières travaillent à temps complet.

Le premier ministre François Legault a déjà précisé, cependant, que Québec ne pourrait à la fois offrir des augmentations de salaire supérieures à l'inflation et investir pour régler les problèmes de surcharge de travail.