Plus d'une personne sur quatre ayant eu recours à la Banque alimentaire d'Ottawa cette année détient un diplôme d'études potsecondaires, selon un rapport publié mercredi.

La faim n'a pas de visage

La perte d'emploi, la hausse du loyer, le manque d'assistance sociale et les situations imprévues sont tous des visages de la faim. Plus de 41 500 Ottaviens se tournent vers la Banque alimentaire d'Ottawa, chaque mois, selon le dernier rapport publié par l'organisme.
«Nous voulons montrer que tous les types d'individus peuvent un jour ou l'autre se tourner vers une banque alimentaire. Ce ne sont pas seulement des personnes sur l'assistance sociale ou des itinérants comme le veut la croyance populaire, soutient Michael Maidment, directeur général de la Banque alimentaire d'Ottawa. C'est quelque chose que les gens cachent, mais monsieur et madame Tout-le-Monde peuvent se trouver dans une situation où ils doivent demander de l'aide.»
La Banque alimentaire d'Ottawa n'enregistre pas de hausse significative dans ses demandes d'aide cette année, mais son rapport publié mercredi permet d'identifier le type de clientèle qui se tourne vers un des 112 organismes qu'elle soutient.
Des gens scolariés et des familles
Un peu plus du quart des Ottaviens ayant eu recours aux services de la banque alimentaire locale détiennent un diplôme d'études postsecondaires, incluant un diplôme collégial, un baccalauréat ou une maîtrise.
Plus préoccupant encore, 40 % des clients sont des familles avec des enfants.
La Banque alimentaire d'Ottawa a enregistré une hausse des demandes lorsque les réfugiés syriens sont arrivés dans la région de la capitale nationale, l'hiver dernier.
Selon M.Maidment, un accès plus grand au logement abordable et des investissements dans les programmes sociaux aideraient les personnes dans le besoin. «Les gens à faible revenu ne reçoivent pas assez d'argent pour subvenir à leurs besoins lorsque vient le temps de payer le loyer et la nourriture», observe-t-il.
L'un des plus grands défis pour l'organisme - qui distribue près de 14 tonnes de nourriture quotidiennement - c'est d'avoir assez d'aliments, mais surtout qu'ils soient sains, frais et variés. 
Une étude de l'Université Dalhousie, publiée plus tôt cette semaine, indique que le prix des aliments sera en hausse en 2017. Selon les chercheurs, l'épicerie coûtera 420$ de plus par année pour une famille moyenne. «Ce sera certainement un défi pour nous et les familles que nous aidons l'an prochain», conclut M.Maidment.