La députée de Gatineau et ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, maintient la promesse de son parti de livrer la faculté satellite en médecine à l'Université du Québec en Outaouais.

La faculté de médecine «dans la machine»

Le projet de faculté satellite de médecine à Gatineau est officiellement «dans la machine». Le dossier présenté par l'Université McGill fait actuellement l'objet d'une évaluation administrative aux ministères de la Santé et de l'Éducation, tel que commandé par le gouvernement. Impossible toutefois pour la ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, de confirmer que la première cohorte de 24 étudiants en médecine y fera son entrée, comme prévu, à l'automne 2016.
«Il y a un travail d'analyse qui doit se faire, mais l'important c'est d'avancer avec ce projet, a-t-elle indiqué lors d'une longue entrevue avec LeDroit. On continue de viser 2016, c'est encore l'objectif. Pour faire avancer des projets, ça prend des échéanciers.»
La création d'une faculté satellite de médecine de l'Université McGill à Gatineau, un projet nécessitant plusieurs dizaines de millions de dollars d'investissements récurrents et non récurrents, est l'un des engagements phares du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la région. «C'est un engagement ferme de notre part et le premier ministre a aussi été clair à ce sujet», insiste Mme Vallée.
Le budget présenté par le ministre des Finances, Carlos Leitao, en juin, et l'étude des crédits budgétaires qui l'ont suivi n'ont cependant fait aucune mention du projet de faculté satellite à Gatineau. La ministre Vallée précise que le montage financier présenté par McGill ne prévoit pas de déboursés majeurs pour l'année financière en cours. Les investissements doivent se faire à compter de 2015-2016 et doivent être progressifs jusqu'en 2018, signale-t-elle.
«Il y a eu beaucoup d'annonces préélectorales dans ce dossier qui n'étaient carrément pas attachées, note-t-elle. Notre engagement est ferme, mais des étapes n'avaient pas été franchies par l'ancien gouvernement. Mes collègues Yves Bolduc (Éducation) et Gaétan Barrette (Santé) n'ont trouvé aucune trace de ce projet lorsqu'ils sont arrivés en poste. L'ancien gouvernement n'avait pas fait cheminer le dossier dans la machine administrative. Le projet est demeuré uniquement au niveau politique. Aucune analyse du projet n'a été faite.»
Sous-ministres au travail
L'Agence de la santé de l'Outaouais et l'Université McGill ont donc renvoyé toute la documentation pertinente sur le projet au nouveau gouvernement. Cela a été fait au début du mois de juillet.
Stéphanie Vallée précise qu'un comité conjoint où siègent les sous-ministres de la Santé et de l'Éducation vient d'être mandaté pour travailler avec les intervenants concernés dans la région à la réalisation de ce projet. C'est à l'intérieur de ce comité que seront coordonnées les actions des deux ministères impliqués.
Les arts ou la santé
La ministre responsable de l'Outaouais répète que l'état des finances publiques force tout le monde à faire des choix. L'Université du Québec en Outaouais (UQO) ne fera pas exception à la règle.
L'établissement caresse le projet de construire un pavillon des arts depuis déjà plusieurs années. La députée de Hull, Maryse Gaudreault, s'est d'ailleurs engagée à obtenir le financement pour la construction de ce futur pavillon des arts. Toutefois, dans les derniers mois, un projet de pavillon des sciences de la santé a aussi fait son apparition dans les cartons de l'UQO.
«L'UQO a un certain nombre de projets dans le collimateur, note Mme Vallée. L'Université devra déterminer ses priorités. Elle parle d'un projet de pavillon des sciences de la santé et demande aussi un pavillon des arts [dont le coût est évalué à 38 millions$]. Ce n'est pas à moi de faire des choix pour l'UQO, mais pour l'instant c'est le pavillon des arts qui est actuellement présenté comme la priorité, et non pas la santé. Nous ne pourrons pas nous éparpiller. Il faut que le milieu identifie clairement une priorité. On travaille là-dessus, on la réalise, puis ensuite on passe à la prochaine. Quand on demande tout, on n'a rien.»