Le directeur général du groupe Sentinelle de la rivière des Outaouais, Patrick Nadeau, avait vivement dénoncé l'absence de documentation en français, la semaine dernière.

La documentation sera traduite en français

À la suite des plaintes de francophones, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) fait volte-face dans le dossier du dépotoir de Chalk River et force le demandeur, Les Laboratoires Nucléaires Canadiens, à déposer son document d'analyse d'impact environnement en français, a appris Le Droit.
Du même souffle, la CCSN prolonge la période de consultation pour permettre aux francophones de commenter dans leur langue le projet de dépotoir de déchets radioactifs proposé sur le site de Chalk River, situé à près de 200 kilomètres à l'ouest d'Ottawa et Gatineau, et à proximité de la rivière des Outaouais. 
« En tant qu'organisme gouvernemental qui tire sa fierté de sa transparence et de son ouverture, la CCSN convient que l'accès à la documentation dans les deux langues officielles est essentiel lors des périodes de consultation avec le public », a indiqué le porte-parole de la CCSN, Aurèle Gervais.
« Par conséquent, le demandeur, soit les Laboratoires Nucléaires Canadiens, s'occupe de la traduction de l'étude d'impact environnemental et diffusera le document au public. La période de consultation sera prolongée pour permettre à tous les Canadiens de commenter le projet dans la langue officielle de leur choix », a confirmé M. Gervais.
Une audience publique sur le rapport d'étude environnementale provisoirement prévue pour janvier 2018 « n'aura lieu que si la Commission estime que tous les membres du public ont eu l'occasion d'examiner le documentation et de commenter le projet proposé ».
Préoccupations entendues
La volte-face de la CCSN a été bien accueillie, vendredi, par le directeur général du groupe Sentinelle de la rivière des Outaouais, Patrick Nadeau.
« Depuis le dépôt de l'analyse d'impact en anglais seulement, Sentinelle de la rivière des Outaouais a vivement dénoncé l'absence de documentation en français. Nous sommes heureux de constater aujourd'hui que nos préoccupations et celles des citoyens ont été entendues. Nous pourrons maintenant nous concentrer sur notre évaluation de ce projet d'envergure et ses impacts potentiels pour la rivière des Outaouais », a indiqué M. Nadeau.
De concert avec le journaliste à la retraite Gilles Provost, de Montréal, le groupe avait dénoncé l'absence de documentation en français pour cet important projet de dépotoir de déchets radioactifs près de la rivière des Outaouais, qui alimente en eau potable plusieurs grandes villes et municipalités de l'Ontario et du Québec.
La semaine dernière, la CCSN avait plaidé qu'elle ne pouvait forcer le promoteur du projet à faire la traduction de son analyse d'impact environnemental puisqu'il s'agissait d'une « tierce partie ». Cette lecture a été contestée par le député néo-démocrate François Choquette, qui a déposé une plainte au Commissariat aux langues officielles et demandé cette semaine l'intervention du ministre des Ressources naturelles Jim Carr, pour exiger un report de la consultation en attendant la traduction des documents.