La diffusion d'images de suspects de vols soulève des questions éthiques.

La diffusion d'images de suspects de vols soulève des questions éthiques

L'humiliation publique, par l'entremise des médias sociaux, d'un présumé voleur à l'étalage dans une boutique érotique de Terre-Neuve soulève des questions éthiques sur les pratiques de certains commerçants qui diffusent des images de sécurité dans le but d'attraper des malfaiteurs.

Le commissaire provincial à la protection de la vie privée, Donovan Molloy, encouragerait davantage les propriétaires d'entreprises à transmettre leurs vidéos à la police plutôt que de partager des images de gens qui n'ont été reconnus coupables d'aucun crime.

L'avocat spécialisé en protection de la vie privée, David Fraser, affirme qu'il faut faire appel à son jugement éthique et raisonnable dans ce type de cas, en particulier avant de partager des images en ligne, où la propagation peut se faire rapidement.

David Fraser estime qu'il est sans doute moins risqué pour les entreprises, sur le plan judiciaire, d'envoyer les images à la police que de les diffuser elles-mêmes. Il ajoute toutefois que les forces de l'ordre peuvent elles aussi faire face au même problème.

Une femme a récemment déposé une poursuite contre la Commission de services policiers d'Ottawa et l'organisation d'Échec au crime dans la région de la capitale fédérale pour diffamation et négligence. Elle leur reproche d'avoir diffusé des images de caméras de surveillance prises dans un centre commercial, l'accusant d'avoir «volé» un sac à main, alors qu'elle l'avait rapporté au comptoir des objets trouvés.

En 2015, un magasin a cessé d'afficher des images de suspects de vol à l'étalage sur son babillard après que le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada eut jugé cette pratique «interdite» en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, peut-on lire sur le site Web du commissaire.

La Presse canadienne