Une femme a raconté comment son oncle avait commencé par des attouchements «à des fins éducatives» lorsqu’elle avait 12 ans.

La défense d'un homme accusé d'avoir agressé sexuellement sa nièce est refusée

Répéter au tribunal «c’est impossible», à des dizaines de reprises, n’est pas un gage d’acquittement. Un oncle accusé d’avoir agressé sexuellement sa nièce pendant des années l’a appris à ses dépens, mercredi, au palais de justice de Gatineau.

Le juge Gaston Paul Langevin, de la Cour du Québec, n’a pas cru un mot de la version de cet homme, dont on ne peut révéler l’identité afin de protéger celle de sa victime.

C’est en voulant faire le ménage dans sa vie que la femme a décidé de dénoncer cet homme, qui l’avait agressée sexuellement dans sa jeunesse.

L’avocat de la défense, Me Jean-Philippe Brochu, a tenté de soulever des contradictions et certains récits imprécis de la victime.

Le juge a finalement rappelé que la Cour suprême reconnaissait qu’une adulte témoignant d’agressions subies dans sa jeunesse pouvait mélanger certains lieux, ou certaines circonstances, puisque la mémoire d’une enfant et celle d’une adulte ne s’expriment pas de la même façon.

«La victime a témoigné avec aplomb et candeur», a commenté le juge Langevin au moment de déclarer l’oncle coupable de cinq chefs d’accusation.

La victime avait été confiée à son oncle et la conjointe de celui-ci, parce que ses parents ne pouvaient s’en occuper adéquatement.

La femme se souvenait bien de la façon dont l’oncle avait commencé par des attouchements «à des fins éducatives» lorsqu’elle avait 12 ans, pour finir avec des relations complètes. 

Elle a décrit des détails anatomiques de l’agresseur, uniquement perceptibles lorsqu’il est nu.

«Dans sa négation générale, assez laconique, l’accusé répète qu’il a été lui-même victime d’agression sexuelle lorsqu’il était jeune, résume le magistrat. Il dit : "Je n’aurais pas fait cela, car c’est trop blessant. Cela n’a pas eu lieu, c’est impossible."»

Le juge a par ailleurs déploré la négation des faits par la conjointe de l’accusé. 

«Elle va même jusqu’à dire que (la victime) n’habitait même pas chez eux. Elle veut tellement protéger l’accusé qu’elle dit des énormités. Elle répète aussi : "C’est impossible, c’est impossible, c’est impossible..." Les témoignages en défense sont complaisants, pas crédibles du tout.»

La victime a été décrite par le tribunal comme étant une personne vulnérable, ayant connu d’importants problèmes de consommation. La femme, visiblement émue dans la salle d’audience, est sobre depuis trois ans. «Elle veut reprendre sa vie en main et ravoir son enfant», a rappelé le magistrat.

La sentence sera rendue en mai.