Même si la Ville de Gatineau et le promoteur s’entendaient cette semaine, la CSPO « serait incapable de livrer l’école pour 2019 », a fait savoir la présidente de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais, Johanne Légaré.

La CSPO devra déplacer 300 élèves du Plateau en 2019

Pas moins de 300 élèves des quatre écoles primaires du Plateau devront être déplacés pour la rentrée scolaire 2019. «Ce n’est pas de gaieté de coeur qu’on fait ça», assure la présidente de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), Johanne Légaré, qui espère que les négociations avec la Ville de Gatineau et le promoteur permettront de finaliser prochainement l'acquisition du terrain où doit être érigée une nouvelle école.

Août 2016. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, était à Gatineau pour annoncer l’octroi de financement pour la construction de nouvelles écoles, dont 15,4 millions $ pour la 036, qui doit être construite dans l’ouest du Plateau.

Le terrain devant accueillir cette école de 670 places « est identifié » depuis longtemps déjà. Il est situé à l’angle des boulevards du Plateau et d’Amsterdam, soit entre les écoles du Marais et de l’Amérique-Française.

« En 2017, une fois qu’on a su où était le terrain, on a embauché nos professionnels, nos ingénieurs et nos architectes, indique Mme Légaré. Mais à partir de là, ce sont les négociations entre la Ville et le promoteur pour savoir où sont les rues et tous les services comme les aqueducs et l’Hydro. Ça, la CSPO n’a rien à voir avec ça, mais tant et aussi longtemps que ce n’est pas réglé, on ne peut pas aller de l’avant avec des plans et devis finaux pour qu’on puisse partir en appel d’offres. »

La CSPO dit ne pas être en mesure de faire une offre d’achat dans l’immédiat auprès du promoteur, puisqu’elle attend la confirmation de la Ville pour les plans d’aménagement. Une rencontre a eu lieu mercredi après-midi à ce sujet, et une autre aura lieu jeudi matin.

Les conséquences de ce retard seront non négligeables pour des centaines d’enfants du Plateau. Car même si la Ville et le promoteur s’entendaient cette semaine, la CSPO « serait incapable de livrer l’école pour 2019 », a fait savoir Mme Légaré.

L’incapacité d’ouvrir l’école 036 selon l’échéancier initialement prévu causera un déficit d’environ 440 places. La CSPO prévoit donc « agrandir par en dedans » pour réussir à accueillir 140 élèves de plus dans ses quatre écoles actuelles du secteur (du Marais, de l’Amérique-Française, des Deux-Ruisseaux et du Plateau). « On va, par exemple, convertir des classes de musique en vraies classes », explique Mme Légaré.

Cet agrandissement par l’intérieur ne sera toutefois pas suffisant. Ils seront donc environ 300 écoliers à être déplacés « à l’extérieur du Plateau » à l’automne 2019. « Pour l’instant, je ne peux pas dire dans quelles écoles ils vont aller, parce que ça va dépendre de l’évolution de la clientèle », note la présidente de la CSPO.

Les élèves qui devront être déplacés le seront en vertu de la politique de gestion des surplus de la CSPO. Des écoliers des quatre bassins actuels seront touchés, dit la CSPO, mais il est probable que les territoires les plus à l’ouest du Plateau soient plus durement touchés en raison des projets domiciliaires qui y sont développés.

Au-delà de cette gestion des surplus, les parents du Plateau doivent aussi s’attendre à une révision des limites des bassins scolaires l’année suivante. La CSPO aurait aimé revoir ces territoires pour la rentrée 2019, mais ne se lancera pas dans un tel exercice avant de pouvoir y inclure la future école 036. Des consultations devraient donc être organisées en 2019 dans le but que la redéfinition des limites territoriales des bassins du Plateau soit en vigueur pour la rentrée 2020.

C’est aussi en 2020 que doivent ouvrir les deux nouvelles écoles secondaires de la CSPO. Encore là, le retard d’un an pour l’école primaire 036 vient faire mal à la CSPO, affirme Mme Légaré, puisque cela occasionnera une « pression financière » accrue dans une année déjà bien chargée. La construction de la nouvelle école primaire pourrait aussi coûter plus cher qu’anticipé en raison de l’inflation.