La CSN dénonce un licenciement collectif à la Fondation Santé Gatineau

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Le syndicat représentant des employés de la Fondation Santé Gatineau dénonce le licenciement collectif d'une vingtaine de leurs membres dans la foulée de la crise de la COVID-19 et réclame une reprise soutenue des activités dans les casse-croûtes des hôpitaux de Hull et de Gatineau. La direction de l'organisation philanthropique estime de son côté que la situation financière ne le permet tout simplement pas.

Le syndicat représentant des employés de la Fondation Santé Gatineau dénonce le licenciement collectif d'une vingtaine de leurs membres dans la foulée de la crise de la COVID-19 et réclame une reprise soutenue des activités dans les casse-croûtes des hôpitaux de Hull et de Gatineau. La direction de l'organisation philanthropique estime de son côté que la situation financière ne le permet tout simplement pas.

En point de presse mardi, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Fondation Santé Gatineau, affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), a demandé à la partie patronale de revenir sur sa décision de licencier «plus de 25» employés du secteur commercial.

La branche commerciale de la Fondation gère les casse-croûtes, boutiques et stationnements des hôpitaux de Hull et de Gatineau, de même que les dépanneurs des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Lionel-Émond et La Pietà.

À la mi-mars, ces activités ont été interrompues par la pandémie. Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO–CSN), Alfonso Ibarra Ramirez, a indiqué que 36 mises à pied ont eu lieu le 23 mars, dix jours après l'interruption. Certains d'entre eux – une minorité – ont été rappelés au travail pendant l'été.

M. Ibarra Ramirez soutient que le syndicat a ensuite «été confronté au refus de l'employeur» de fournir les détails de sa situation financière et un «plan de relance en bonne et due forme».

Six mois après les mises à pied initiales, la Fondation a procédé, fin septembre, au licenciement collectif de la vingtaine d'employés n'ayant pas été rappelés.


« Les résidents des CHSLD sont isolés. […] Juste d'être capables d'aller chercher une barre de chocolat ou même d'aller chercher un billet de loterie, c'est une façon de se divertir pour eux. »
Daniel Roy, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN

Le tout s'est fait «sans réel motif», estime le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, Daniel Roy, qui souligne que cette situation touche «des bas salariés».

Ce dernier souligne que les dépanneurs offraient un service apprécié en CHSLD et que les casse-croûtes permettent autant aux usagers, aux visiteurs et aux employés des hôpitaux d'avoir accès à des repas en dehors des heures d'ouverture des cafétérias, actuellement restreinte.

«Les résidents des CHSLD sont isolés, a-t-il mentionné. […] Juste d'être capables d'aller chercher une barre de chocolat ou même d'aller chercher un billet de loterie, c'est une façon de se divertir pour eux. […] Un travailleur qui fait un temps supplémentaire, s'il ne s'est pas amené un repas, […] il n'a pas de façon de manger en soirée.»

La réponse de la direction

Le directeur général de la Fondation Santé Gatineau, Jean Pigeon, affirme de son côté que la loi obligeait l'organisation à procéder au licenciement collectif des employés n'ayant pas été rappelés au travail six mois après les mises à pied de mars.

Le directeur général de la Fondation Santé Gatineau, Jean Pigeon. 

Dans le contexte actuel, la Fondation ne peut pas se permettre une plus grande reprise de ses activités commerciales, ajoute M. Pigeon.

«On a planifié un plan de relance pour l'ensemble de nos activités, note le directeur général de la Fondation. […] En juillet, on a rouvert nos casse-croûtes sous une forme différente, conformément aux mesures [sanitaires].»

L'achalandage est toutefois limité, indique M. Pigeon, qui note que «ça nuit énormément au niveau des revenus». Il ajoute que «contrairement au service alimentaire de l'hôpital qui est entièrement subventionné», la Fondation doit fonctionner avec les revenus qu'elle génère, sans mesures de compensation de la part du gouvernement.


« Je n'ai jamais eu de demande par rapport aux chiffres. On pourrait regarder les chiffres, je n'ai pas de cachette [à faire]. »
Jean Pigeon, directeur général de la Fondation Santé Gatineau

Avec une baisse de 94% des revenus dans les casse-croûtes et une «énorme perte de revenus» observée du côté des stationnements qu'elle gère, la Fondation se dirige vers un déficit avoisinant le million de dollars au 31 mars prochain, a fait savoir M. Pigeon.

Ce dernier assure par ailleurs avoir invité «à plusieurs reprises» le syndicat à lui faire parvenir ses demandes dans ce dossier. «Je n'ai jamais eu de demande par rapport aux chiffres, dit-il. […] On pourrait regarder les chiffres, je n'ai pas de cachette [à faire].»