La crise économique fait craindre le pire dans les banques alimentaires

Bryan Michaud
Le Droit
La crise financière mondiale fait craindre le pire aux divers intervenants oeuvrant dans les banques alimentaires et les soupes populaires de la région.
Le directeur-général de l'organisme Moisson Outaouais, Jacques Pigeon, s'inquiète grandement que de plus en plus de travailleurs à bas salaire fréquentent les banques alimentaires. Les assistés-sociaux ne sont plus les seuls à se présenter dans ce genre d'organisme.
«Au niveau alimentaire, on compte beaucoup sur les entreprises qui nous font des dons, explique M. Pigeon. Avec la hausse des prix de l'essence et des biens de consommation et la crise économique, les commerces diminuent leurs contributions. Quand des entreprises comme Kraft, Campbell et McCain éprouvent des difficultés financières, il est certain que nous en écopons.»
En plus des facteurs économiques, la crise de la listériose a causé passablement d'ennuis aux organismes luttant contre la faim. Au plus haut de la crise, les épiceries ont cessé de distribuer de la viande et les banques alimentaires ont dû jeter de la nourriture, de peur de contaminer ceux qu'ils aident.
Les réserves baissent
De son côté, l'adjointe au directeur de la banque alimentaire La manne de l'île, Francine Rondeau, a remarqué un phénomène inquiétant au cours des derniers mois.
De plus en plus de citoyens d'Ottawa, écrasés sous le coût de la vie élevé de la capitale fédérale, déménagent à Gatineau et commencent à fréquenter les banques alimentaires.
«Nos réserves en nourriture baissent rapidement et j'avoue qu'on a hâte au temps des fêtes, admet Mme Rondeau. On peut fournir en denrées alimentaires si nous avons en bas de 1 000 personnes par mois à aider. Présentement, nous aidons entre 800 à 1 000 personnes.»
«Le temps des fêtes arrive et c'est à ce moment qu'on pourrait observer une baisse des dons beaucoup plus forte, s'inquiète M. Pigeon. Si les gens ont moins d'argent, on pourrait subir une diminution des dons que l'on reçoit.»
Lise Paradis, qui est la directrice-générale de la Soupe populaire de Hull, s'inquiète que les gens fréquentent son établissement de plus en plus tôt dans le mois.
«On en voit arriver vers le 6e ou le 7e jour du mois, ce qui porte à réfléchir», ajoute la dame.