François Roy, de Logemen’Occupe

La crise du logement social persiste

L’arrivée de demandeurs d’asile qui traversent illégalement la frontière au chemin Roxham à Saint-Bernard-de-Lacolle au Québec met de la pression sur l’offre de logements abordables à Gatineau où il y a déjà pénurie, selon l’organisation Logemen’Occupe.

Plusieurs des quelque 30 ménages de l’Outaouais qui n’avaient pas trouvé de logis à la suite de la grande journée des déménagements du 1er juillet sont toujours à la recherche d’un logement social adéquat et abordable, a indiqué le coordonnateur de Logemen’Occupe, François Roy. Et, il y a environ un millier de ménages sur la liste d’attente de l’Office municipal d’habitation pour un loyer à prix modique, a-t-il aussi précisé.

« Le gouvernement Trudeau a manifesté une ouverture importante (envers les migrants), mais il ne s’est pas donné les outils et les moyens pour pouvoir héberger adéquatement ces familles-là. On le voit aussi à Toronto où ces personnes doivent être relocalisées dans des hôtels parce que les endroits où ils étaient hébergés sont repris par les étudiants qui retournent en classes. À Gatineau et à Ottawa, c’est le même problème », a expliqué M. Roy.

« Les attentes sont déjà énormes pour les familles démunies québécoises et canadiennes, et là on ouvre les portes à des nouveaux arrivants. C’est correct, mais encore faut-il donner les ressources à ces familles-là pour pouvoir se loger convenablement », a continué le coordonnateur de Logemen’Occupe.

Les familles et individus toujours toujours sans logement vivent chez des amis, de la famille ou dans des logis de dépannage. Le problème pour certaines familles est de trouver un appartement abordable avec plusieurs chambres à coucher.

« Il n’y a pratiquement pas de logements spacieux. Oui, ça joue autour du deux à trois chambres à coucher, principalement deux chambres, alors que les besoins sont de trois ou quatre chambres. Il y a une vraiment une pénurie extrême de logements spacieux », a expliqué François Roy.

Logements transitoires
Au Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO), on indique qu’il n’y a non seulement une pénurie dans les logements sociaux, mais aussi dans les logements transitoires pour ceux qui doivent faire le pont entre l’hébergement d’urgence et le logement.

« C’est un modèle qui est employé beaucoup à Trois-Rivières, mais c’est une grosse lacune ici en Outaouais. Il n’y en a vraiment pas assez », a déploré Janick Allyson, coordonnatrice au CRIO.

Les intervenants en milieu sociaux en Outaouais sont toujours en attente de savoir comment précisément seront réparties les sommes prévues dans la Stratégie nationale sur le logement annoncée en novembre 2017.

Quant aux réfugiés et demandeurs d’asile, Mme Allyson a dit avoir entendu parler de problèmes au chapitre du respect de leurs droits lorsqu’ils recherchent un toit.

« Non seulement ces gens attendent d’avoir un logement, mais s’ils se retrouvent sur le marché privé, ils viennent à avoir des enjeux comme de la discrimination quand ils veulent obtenir un logement », a expliqué Mme Allyson.